Il y a quelque temps, je suis rentrée trop fatiguée du travail pour lire ou faire autre chose. Alors, je me suis écroulée devant « 4 mariages et un enterrement » qui passait à la télévision. À la fin du film, le Chant funèbre de W.H. Auden est lu, et cela m’a donné envie de le relire. Le voici donc :

CHANT FUNÈBRE

De W. H. Auden, traduit de l’anglais par Gérard-Georges Lemaire et Jean Lambert. Christian Bourgeois Éditeur.

Jette un os juteux aux chiens pour qu'il cesse d'aboyer,
Fais taire les pianos et avec un tambour étouffé
Sors le cercueil, fais entrer les pleureuses.

Griffonnant sur le ciel ce message : Il Est Mort,
Noue du crêpe au cou blanc des pigeons,
Donne des gants de coton noir à l'agent de la circulation.

C'était mon Nord, mon Sud, mon Est et Ouest,
Mon travail, mon repos,
Mon midi, mon minuit, ma parole, mon chant ;
Je pensais que l'amour durait pour toujours : j'avais tort.

On ne veut plus d'étoiles désormais ; éteins-les toutes ;
Emballe la lune et démonte le soleil,
Vide l'océan et balaie les bois ;
Car rien maintenant ne vaut plus la peine.

Que les avions tournent en gémissant au-dessus de nos têtes

Arrête toutes les horloges, coupe le téléphone,