Les contes de Canterbury

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C’est à la mort de sa femme en 1387 que Geoffrey Chaucer, commence à rédiger les « contes de Canterbury ». Ce recueil contient 21 contes en proses et en vers. Cette œuvre restera inachevée.

Lors d’un pèlerinage à la cathédrale de Canterbury, un groupe de personnages, femmes et hommes font la route ensemble. Pour éviter l’ennui, chacun leur tour, ils racontent une histoire. L’histoire serait banale, si par leur statut, sexe, motivation, milieux, éducation, vécu etc. ces personnages ne s’appuyaient les uns sur les autres pour prendre toute leur importance, toute leur consistance. Tant par le personnage qu’il est, mais par celui qu’il est par rapport à l’autre. Et l’identique se produit quand il s’agit des histoires. Tout prend son sens, sa drôlerie, sa lubricité… quand on remarque comment ils sont amenés. En effet, ils rebondissent les uns par rapport aux autres. Ainsi, ce que Chaucer voulait dire ne prend vraiment de sens que par l’interaction des histoires et des gens qui les dispensent. Au niveau de l’écrit cela se traduit également par un prologue avant chaque conte qui l’introduit et termine le précédent.

Ces contes sont une critique sociale acerbe des différentes couches de la société de l’époque, et si on y regarde de plus près le monde n’a peut-être pas tellement changé en quelques siècles… Ils sont drôles, ironiques, caustiques, bonnards…

Le moindre que l’on puisse dire c’est que l’on ne s’ennuie pas en lisant les contes de Canterbury. Le livre refermé, des anecdotes reviennent, des anecdotes qui ma foi si on les remet dans le contexte actuel ne se sentiraient pas si décalées…

J’ai beaucoup aimé ce livre, toute cette galerie de personnages bigarrés, vivants, criards, qui nous entraînent dans la noirceur de la société de ce siècle, dans ses recoins sombres, fait de bêtises et de haines, mais aussi de rires, de plaisirs de moqueries, de réflexions. Et puis, si le style demande au tout début un petit exercice, ce n’en est que plus intéressant. Je me suis appropriée ce style très rapidement, et je m’en suis délectée !

Première page

Prologue général

Ici commence le Livre des Contes de Canterbury

Quand Avril, de ses averses très douces,/ A percé jusqu’à la racine la sécheresse de Mars/ Et baigné toute veine de son baume liquide/ Dont la puissance donne naissance à la fleur ;/ Quand Zéphir à son tour, de sa douce haleine,/ A inspiré la vie aux tendres pousses/ Des landes et des bois et que le jeune soleil/  N’a couru que la moitié du signe du Bélier,/ Que les oiselets chantent leur mélodie/ N’ayant fermé l’œil de toute la nuit/ Tant Nature met leur cœur en émoi,/ Alors les gens désirent prendre la route./ Et visiter en pèlerins des pays étrangers,/ Sanctuaires lointains mais connus partout./ Voici qu’en particulier, venus de tous les coins/ D’Angleterre, ils cheminaient vers Canterbury,/ Voir saint Thomas, le bienheureux martyr,/ Leur allié naguère quand ils étaient malades./  C’est par un beau jour de cette saison/ Qu’à Southwark à l’auberge du Tabard/ M’apprêtant à partir en pèlerinage/ À Canterbury fort dévotement,/ Je vis arriver, vers le soir, à l’hôtel/ Tout un groupe, vingt-neuf personnes environ,…