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Je suis fatiguée depuis quelque temps, et je lis comme vous pouvez le constater beaucoup de poésie. J'aime la poésie, elle est concise et me permet de m'évader en quelques mots... J'ai toujours adoré la littérature et la poésie de l'est, et je me rends compte que j'y reviens toujours, je ne m'en sature pas... Alors hier soir, il faisait froid, la journée avait été maussade, et c'est vers Anna Akhmatova que mon choix

c'est porté.
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Pourquoi errer, sans se fixer,
Pourquoi regarder sans respirer ?
Tu dois savoir qu’une seule âme
Pour deux est fortement soudée.
Je te consolerai, je te consolerai
Comme personne n’a rêvé de l’être,
Et si tu m’offenses d’un mot violent,
C’est toi qui souffriras.

1922, Petersbourg

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… Personne n’est venu à ma rencontre,
Sur les marches, une lanterne à la main.
Dans la clarté brumeuse de la lune,
Je suis entrée, la maison était

Silencieuse. Sous une lampe verte,
Avec un sourire lugubre, l’ami
A dit tout bas : « Cendrillon,
Que ta voix est étrange… »

Dans la cheminée, le feu s’éteint ;

Le chant du grillon nous fait languir.
Quelqu’un, comme en souvenir,
A emporté mon soulier blanc,

Il m’a donné trois œillets
Sans même lever les yeux.
Où est-ce que je peux vous
Cacher, preuves très douces ?

Il est amer de penser
Que le moment est proche,
Très proche, où il va essayer
À d’autres mon soulier blanc.

1913

Requiem et autres poèmes 1909-1963, de Anna Akhmatova, Texte français présentation et notes par Henri Deluy, chez Farrogo.

Claude