Je continue sur la poésie, non pas que je ne lise pas de romans, mais je crois que je suis flemmarde… je me dis, hum j’aimerai bien faire  un billet sur ce livre etc. Et puis, après tout l’hiver approche, il n’y aura plus l’appel du jardin, de l’atelier (enfin moins, car froid !!), donc, il sera temps d’écrire ces textes devant le poêle le moment venu !

Je reviens donc vers le grand Boris Pasternak (sur lequel j’aimerai faire un billet, ah oui vous voyez je recommence !!!) Bref, je ne m’en lasse pas…
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AVANT L’HIVER
Octobre, sévère geleur de feuillages,
Du fond des grands parcs en ces jours se mouvait,
Les aubes ferraient les ultimes voyages,
La gorge était rêche et le coude élançait.

Le temps était clair. En l’absence de brume
Le soir s’étendait lentement. Tous les jours
S’ouvrait l’horizon maladif sur le rhume,
la fièvre, le poêle –et lorgnait dans les cours.

Le sang se glaçait, mais les mares fébriles
Étaient encor vierges du moindre glaçon ;
Les jours monotones semblaient immobiles,
Le ciel paraissait transparent comme un son.

Alors on voyait, douloureuse et inerte,
La vie anhéler, si lointaine ; on souffrait.
La paix s’épandait, infinie et déserte,
Vraiment infinie et sonore à souhait.

1916

Ma sœur la vie et autres poèmes, de Boris Pasternak, Texte français d’Hélène Henry et préfacé par Michel Aucouturier, chez Gallimard/Poésie.

Claude