L’homme noir
Sergueï Aleksandrovitch Essénine

ess_nine

Mon ami, mon ami,
Je suis très très malade.
Moi-même ne sais d’où est venue cette douleur.
Du vent qui siffle
Sur le champ vide, sans une âme ?
De l’alcool qui accable le cerveau
Comme septembre un bocage ?    […]

Je ne sais pas, je ne me souviens plus,
Dans un village,
Peut-être à Kalouga,
Ou à Riazan,
Vivait un garçon
Dans une simple famille paysanne,
Ses cheveux jaunes,
Ses yeux bleu-ciel…

Et voici qu’il devint adulte,
Poète de surcroît,
Au moins un peu,
Mais possédé d’une réelle force.
Il appelait petite salope
Et bien-aimée
Certaines femmes
De quarante ans et plus.    […]

La nuit est morte.
L’aube bleuit à la fenêtre.
Nuit !
O nuit qu’as-tu défiguré ?
Sous mon haut-de-forme
Personne avec moi.
Seul…
Et le miroir c’est brisé…

Je suis en train de lire « La Ravine » d’Essénine. Je vous en parlerai plus tard c’est magnifique. Le livre est préfacé par Odile des Fontenelles, elle cite dans son texte des extraits du poème L’homme noir. Ces vers ont été écrit le 14 novembre 1925. Il s’est suicidé la nuit du 27 décembre, à 30 ans.(cf. préface la ravine)

Claude