Saltimbanques de Guillaume Apollinaire

Dans la plaine les baladins
S'éloignent au long des jardins
Devant l'huis des auberges grises
Par les villages sans églises

Et les enfants s'en vont devant
Les autres suivent en rêvant
Chaque arbre fruitier se résigne
Quand de très loin ils lui font signe

Ils ont des poids ronds ou carrés
Des tambours des cerceaux dorés
L'ours et le singe animaux sages
Quêtent des sous sur leur passage



Il y a des dates difficiles, des souvenirs douloureux, je croyais bêtement que le temps passant, la douleur diminuait. Quelle naïve je fais, je crois que plus les ans passent plus l’absence se fait profonde. Hier, ma vie défilait, les bons et mauvais souvenirs, la joie, la colère… Hier, nous étions tous ensemble comme il y a 4 ans quand il nous a quitté dans la souffrance. Nous avons ri, nous étions énervés, nous ne voulions pas penser tant que nous étions tous ensemble. Mais après, après… c’est une autre histoire. Alors je me suis demandée qu’est-ce qui me restait de mon enfance au niveau littéraire en dehors de oui-oui, le club des cinq, le clan des sept, fantômette… ?


Il me reste « les saltimbanques », ce poème représente pour moi l’enfance. Je crois que c’est un des premiers que j’ai appris, je l’adorais.
Je le mets en ligne pour mes parents, pour cette enfance merveilleuse qu’ils nous ont fabriqué. Nous habitions un petit village à l’époque, des gens du voyage passaient régulièrement et nous étions morts de peur, nous les enfants (enfin les petits) parce que nous n’avions pas la conscience tranquille… Et les enfants qui n’étaient pas sages étaient emmenés par les « bohémiens ». Je me rappelle avoir demandé à mes parents si c’était vrai. Ils m’avaient répondu par la négative, je faisais ma grande mais au fond de moi, j’avais une trouille incroyable…

S’il y a donc un poème qui pour moi rappelle les jours heureux de l’enfance, c’est bien celui-là.

Claude