Le froid me donne…

d’Ossip Mandelstam
Traduit du russe par François Kérel.

ossip_mandelstam

Le froid me donne des frissons-
Je voudrais perdre l’usage de la parole.
Mais de l’or danse dans le ciel
Et m’enjoint de chanter.

Consume-toi, musicien angoissé !
Aime, souviens-toi et pleure,
Et saisis le ballon léger
Lancé d’une planète glauque.

Car le voici le véritable
Lien avec l’univers mystérieux !
Quelle inquiétude déchirante
Et quel malheur viennent d’échoir !

Suppose que l’étoile
Qui brille toujours au-dessus du magasin de mode
S’enfonce brusquement
Dans mon cœur, ainsi qu’une longue épingle.

1912.

Tristia et autres poèmes, d’Ossip Mandelstam, textes choisis et traduits par François Kérel. Éditions Poésie/Gallimard.

Sans commentaire aujourd’hui, juste comme ça parce que c’est magnifique.

Claude