La grève des électeurs,
suivi de Prélude et Les moutons noirs
D’Octave Mirbeau

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Le texte « la grève des électeurs » est parue le 28 novembre 1888 dans le Figaro. Comme quoi, rien ne change vraiment… Ces trois textes font du bien ! J’aime beaucoup Mirbeau, je ne sais pas pourquoi ces petits écrits (enfin petits par leur longueur seulement !!) m’avaient échappés, l’erreur est réparée et je vous les conseille fortement. Vous pourrez également les trouver sur le net, mais rien ne vaut le petit bouquin, qu’il est bon de feuilleter de temps en temps par les temps qui courent !

Les moutons vont à l’abattoir,
ils ne disent rien, eux,
et ils n’espèrent rien.


Octave Mirbeau

Première page.
Une chose m’étonne prodigieusement –j’oserai dire qu’elle me stupéfie – c’est qu’à l’heure scientifique où j’écris, après les innombrables expériences, après les scandales journaliers, il puisse encore exister dans notre chère France (comme ils disent à la commission du budget)un électeur, un seul électeur, cet animal irrationnel, inorganique, hallucinant, qui consente à se déranger de ses affaires, de ses rêves ou de ses plaisirs, pour voter en faveur de quelqu’un ou de quelque chose… Quand on réfléchit un seul instant, ce surprenant phénomène n’est-il pas fait pour dérouter les philosophies les plus subtiles et confondre la raison ? Où est-il le Balzac  qui nous donnera la physiologie de l’électeur moderne ?

La grève des Électeurs d’Octave Mirbeau. Coll. Allia, 3 €.

Claude