ariel_sylvia_plath

Rivalité* de Sylvia Plath
traduction Valérie Rouzeau


Si la lune souriait, elle te ressemblerait.
Vous laissez la même drôle d’impression
De beauté et de quelque chose de mortel.
L’usage de la lumière est votre grande affaire.
Seulement sa bouche à elle se désole pour le monde, pas la tienne.

toi tu as d’abord le don de tout changer en pierre.
C’est dans un mausolée que je m’éveille ; tu es là,
Tu tapotes des doigts la table de marbre, tu veux fumer,
Tu as la rancune tenace des femmes, un peu de leur nervosité,
Et tu meurs d’envie de dire quelque chose de définitif.

La lune aussi humilie ses sujets,
Mais le jour elle est ridicule.
Par contre tes griefs, tes insatisfactions
Arrivent régulièrement, affectueusement par la poste,
Expansifs comme l’oxyde de carbone.

Il ne se passe pas un jour sans nouvelles de toi,
Tu te promènes peut-être en Afrique, mais tu ne m’oublies pas.

* Le rival en question (« The Rival ») pourrait être à la fois une projection de Plath elle-même, son double obscur et maléfique, et une incarnation de sa « mère-altérité » (mother-other) : simples hypothèses… (Valérie Rouzeau).

Ariel, de Sylvia Plath, traduit de l’anglais, présenté et annoté par Valérie Rouzeau. Gallimard, poésie. Rivalité, page 67.

Cela fait très longtemps que j’attends que ce recueil soit réédité, quel bonheur… il est composé des derniers poèmes de Sylvia Plath, écrits entre octobre 1962 et février 1963. Les deux derniers poèmes datent du 5 février, et elle s’est donnée la mort le 11.
L’ordre des poésies, est celui choisi par Ted Hughes pour l’édition de 1965. Les poèmes viennent d’être réimprimés en Angleterre, dans l’ordre décidé par Sylvia Plath. Il est possible dans cette nouvelle édition Gallimard, de les lire dans cet ordre, il est donné dans la première note.

Le seul point négatif que je mentionnerais, est que le texte original n’apparaisse pas.

Valérie Rouzeau a également écrit « un galop infatigable » aux éditions Jean-Michel Place, que j’ai perdu, et qui n’est plus édité !! Alors, si vous l’avez en trop dans votre bibliothèque, n’hésitez pas à me contacter !! J’adore ce livre.

Claude