Chants Orphiques

de Dino Campana

Extraits

La verrière

Le soir vaporeux d’été

Par la haute verrière verse des clartés dans l’ombre

Et me laisse dans le cœur un sceau ardent.

Mais qui a (sur la terrasse sur le fleuve s’allume une lampe) qui a,

À la petite Madone du Pont qui donc, qui donc a allumé la lampe ? – il y a

Dans la pièce une odeur de pourriture : il y a

Dans la pièce une plaie rouge languissante.

Les étoiles sont des boutons de nacre et le soir se vêt de velours :

Et vacille le soir futile : le soir est futile et il vacille mais il y a

Dans le cœur du soir, il y a

Toujours une plaie rouge languissante.

(page 44)

Images du voyage et de la montagne

… après que dans la sourde lutte nocturne

La très puissante âme seconde eut brisé nos chaînes,

Nous nous éveillâmes en pleurant et c’était le matin d’azur :

Voguaient comme des ombres de héros :

De l’aube, non ombre dans les purs silences

De l’aube

Dans les pures pensées

Non ombres

De l’aube non ombres :

En pleurant : en jurant notre foi à l’azur.

(page 71)

Voici la nuit : et voici qui me veillent
Des lumières et des lumières : et moi lointain et seul.
Sereine est la moisson, vers l’infini
(Serein est l’esprit)vont des poèmes muets
À la nuit : à la nuit : j’entends : Seul
Ombre qui revient, toi qui avais trépassé.

(page 73)

Chants Orphiques de Dino Campana, Traduit de l’italien et préfacé par David Bosc. Éditions Allia.

Je picore à droite à gauche dans ma bibliothèque, je n’ai pas le temps de lire, mais bon… encore quelques jours et tout reviendra dans l’ordre, mieux encore !

Donc, c’est en furetant hier soir, trop fatiguée pour faire quoi que ce soit, que j’ai rouvert ce livre. J’aime beaucoup Campana, « le poète maudit », le Rimbaud italien… J’en parlerai plus longuement très bientôt.

Claude

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