De Bloomsbury en passant par Court green...

Parce que la littérature n'est pas forcément ce que l'on trouve en tête de gondole, parce qu'elle n'est pas non plus une et une seule.

18 juillet 2009

Poèmes de Vladimir Holan

EODEM ANNO PONS RUPTUS EST
de Vladimir Holan

La joie !
Oui, elle existe. Elle existe réellement, elle existe vraiment !
Et il ne la ressentit pas comme quelque chose d’impitoyable
qui s’installe en nous avec une telle violence
qu’elle éteindrait sa propre flamme, ni comme un vertige
qui sous le double éclairage de l’ironie
nous apporte une bouteille et des chaussures pour nous faire danser-
oh non, ce qu’il ressentait c’était une joie simple et tranquille, une joie sans raison,
une joie sans limite et non pas consentie pour une heure,
la joie d’un homme qui s’engage sur un pont
et qui se met à chanter…

Mais il a suffi que le vent
jette une feuille morte à ses pieds-
pour que le pont soit surchargé…

L’Enfant
de Vladimir Holan

Un enfant, l’oreille collée contre les rails,
écoute venir le train…
Perdu dans la musique omniprésente,
il lui importe peu, vraiment,
que le train arrive ou s’en aille…
Mais toi, tu attendais toujours quelqu’un,
tu disais toujours adieu à quelqu’un,
jusqu’à ce que tu te sois trouvé toi-même
et que tu n’aies plus été nulle part…

Une nuit avec Hamlet et autres poèmes de Vladimir Holan. Préface d’Aragon, traduit du tchèque et présenté par Dominique Grandmont. Poésie/Gallimard.

vladimir_holan

Je ne tiens pas de roman en ce moment, alors, je voyage un peu entre Vladimir Holan et Élisabeth Barrett Browning. Tout cela me bouleverse de beauté, mais aussi de mélancolie. Je crois qu’il va falloir que je reparte en vacances si ça continue !!!

claude

Posté par jeanlau à 10:32 - Poésie - Commentaires [4] - Permalien [#]

Commentaires

"Sans titre" ...

Bonjour Claude,
Beaux poèmes du recueil "En marche" de Vladímir Holan. Serait-il devenu moins intimidant ? En ces années où il les a écrits, il pouvait aussi voir l´espoir.
Bonne journée,
Bernard

Posté par BOL, 20 juillet 2009 à 08:03

Bonjour Bernard, je le trouve toujours aussi intimidant, mais bon, il faut aller au-delà de tout cela ;o) Et puis, je suis rentrée de vacances "étrange", "bizarre" et je n'arrive pas à lire !!!
Bonnes vacances à Rome pour toi.
À bientôt
Claude

Posté par claude, 22 juillet 2009 à 17:13

Mais la poésie est un bon choix je trouve... A petites doses, car c'est du concentré. Cela se regarde comme une toile. La poésie est ce qui m'a toujours paru le plus près de la peinture.

Posté par Pivoine, 24 juillet 2009 à 22:36

Bonjour Pivoine,
oui, c'est vraiment une autre lecture comme la peinture. Je trouve toujours intéressant de voir à quel moment je me tourne vers elle. C'est un peu une béquille de sauvetage...
à bientôt,
claude

Posté par claude, 25 juillet 2009 à 08:43

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