Adalina
de Silvio Huonder

Johannes Maculin, la trentaine, originaire d’une petite ville Suisse, vit à Berlin, où il est dessinateur.
Un matin, sans que rien apparemment ne l’ait annoncé, un souvenir d’adolescence ressurgit douloureux, et si réel. Un souvenir si éprouvant qu’il a bouleversé sa vie.

Le soir même, il partira à sa rencontre.

Je ne vous en raconterai pas plus. C’est un très beau roman, poignant, glaçant, dans lequel se succèdent le présent et les années 70, de façon très intelligente et captivante.
Ce roman est noir, mais, en même temps, on ne peut pas le lâcher. On peut se dire que l’histoire part d’un fait divers « banal », enfin banalisé à notre époque où rien ne semble toucher les gens tant que ça n’arrive pas chez eux.


Il ne laisse pas indemne, Silvio Huonder aborde des sujets comme l’acceptation d’un deuil, le retour des souvenirs à un moment de la vie et pas à un autre, les errances que tout cela peut entraîner…

Le Frankfurter Allgemeine Zeitung a publié au sujet de ce livre : « … Banalité de la perversité serait un sous-titre idéal pour ce roman construit comme une intrigue policière. Le récit d’une histoire d’amour tragique et d’un deuil impossible ; » « Un roman éblouissant ».

1ère page :

Deux heures de l’après-midi, il est encore au lit. À moitié réveillé, il attrape la dernière image d’un rêve. Un visage. Ou bien non. Peut-être seulement un corps. Une drôle d’impression résonne encore en lui. Juste à côté, le radiateur gargouille. Les fissures des fenêtres disjointes laissent courir le sifflement d’une bourrasque. Des bruits de rue se faufilent en s’estompant, de la Nollendorfplatz à la deuxième arrière-cour et jusqu’à l’étage aménagé dans cette usine de Schöneberg. Du sol, à travers le judas, le son de la radio lui parvient : samedi 2 novembre, week-end pluvieux.

Sept huit neuf – un jeu d’enfant.

Cela se passe en Suisse. Dans une petite ville, voilà plus de trente ans. Il s’asseyait dans le couloir de l’appartement et attendait dans l’obscurité.

ADALINA, de Silvio Huonder, traduit de l’allemand par Dina Regnier Sikirié et Nathalie Eberhardt. Éd. La dernière goutte.

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Claude