En ami
de Forrest Gander

J’ai lu ce livre sans en connaître l’histoire. En effet, ma copine libraire m’a dit que c’était un livre formidable, mais qu’il fallait mieux ne pas lire la quatrième de couverture, car tout était dit, résumé grossièrement. Et c’est vrai ! Je l’ai lu après avoir fermé avec beaucoup de regrets la dernière page. 
Certes, l’histoire est résumée, mais ce n’est pas le livre, loin de là. Ce livre quand on le lit, on est pris au ventre, on suit les gens, on les aime, on les comprend ou pas, on les laisse nous étonner, on se laisse porter par eux… Je n’avais jamais envie qu’un chapitre se termine, et en même temps, lorsque je commençais le suivant, je découvrais autre chose, une autre pensée, une autre façon de l’exprimer. Quel écrivain ! quel beau premier roman.

Alors moi, je ne ferai pas de résumé de ce livre. Si vous le voulez, allez sur n’importe quel autre blog. Si j’avais lu la quatrième de couverture, je ne crois pas que je l’aurai acheté. C’est d’ailleurs souvent le cas avec les résumés, en croyant bien faire, il arrive que trop de choses soient dites ou pas de la bonne manière. En relisant mon billet sur « Apnée » d’Antoine Choplin, je me suis dit que je ne lui rendais pas hommage, car le livre est vraiment excellent, et je ne crois pas avoir su trouver les mots justes. Enfin, je ne suis pas écrivain non plus !!! Je pense à Apnée, en écrivant ce billet, car dans l’un comme dans l’autre, une fois le livre fini, les personnages ne nous quittent pas, les histoires ne sont pas terminées même si le livre est refermé.

En ami, de Forrest Gander, traduit de l’anglais (États-Unis) par Dominique Goy-Blanquet. Éd. Sabine Wespieser.

Premier paragraphe

Au fait où est-il, le père biologique de l’enfant à naître ? À plusieurs frontières de distance. Sur un remorqueur de La Nouvelle-Orléans, livré à la violence des eaux du Golf. Et il n’est pas près de remonter la rivière aussi loin, avec ses cinq semaines de paie et ses bottes en anaconda, en quête d’une oreille exquise à mordiller, flirtant avec l’idée vague, qui faiblit peu à peu, d’unir son charisme abject à une quelconque âme en peine prête à lui ouvrir ses lèvres, absorber des torrents de mensonges, et le prendre pour ce qu’il n’est sûrement pas.

Claude

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