Rêverie
d’Henri Thomas

Je reviendrai te voir. Ce sera le matin.
La mort n’a rien saisi. Je dirai que c’est nous
Dans l’éternel amour qui nous a réunis.
Les choses d’autrefois sont des regards amis
Étranges, rayonnants, familiers et surpris.
Ta maigre main qui tient la mienne ne peut plus
La perdre. Je suis bien. C’est toi, qui me souris.
Même les yeux craintifs du chat de mon enfance
Reviennent. C’est nous deux. Nous sommes nus aussi.

28 février 1993

Rêverie d’Henri Thomas, tiré de « Les maisons brûlées » éditions gallimard. Page 47.

Henri Thomas, est l’un des poètes que j’apprécie le plus.  Il met des mots sur la vie, sur les moments d’éternité. La vie, la mort, mais l’immortalité de l’amour face à cela.  Lorsque je doute de la vie, j’aime me plonger dans ce livre, et bizarrement il n’est pas à moi, je l’emprunte et le réemprunte à la bibliothèque… 
Je ne suis pas poète, pas littéraire, alors pour vous quitter ce soir, je mettrai ce dernier poème de Thomas.

Si le silence absolu succède à la porte fermée,
Prends ce silence, c’est moi qui suis à jamais.

Rayonnement fabuleux des choses quotidiennes,
Les humbles choses passagères sont éternelles
Après nos ombres dans le temps vrai du poème.

Du frêle bonheur d’exister ensemble,
Un jour, longtemps, peut-être toujours
S’il est un Dieu pour reconnaître les siens
Souviens-toi de notre court séjour ici-bas
Mon âme est la tienne révoltée et apaisée…

Mon écriture s’est posées sur les rosiers…

d’Henri Thomas, tiré de « Les maisons brûlées » éditions gallimard. Page 45.

Claude