La pluie jaune
de Julio Llamazares

La montagne se vide, les habitants partent et les hameaux se meurent. Un homme se retrouve seul à Ainielle, tous sont partis, au début ils étaient restés à 4, puis, l’un est mort, l’autre est parti, et sa femme bien aimée s’est suicidé. Il se retrouve là, seul, dans un silence total, avec pour compagnie sa chienne.

À quelques heures de sa mort, il se souvient… le départ des familles, de ses amis, du suicide de Sabina, de leurs enfants, de ses anciennes habitudes, des relations avec le village d’en bas depuis qu’il est seul, de sa survie jour après jour, pendant 10 ans, Seul.

Nous sommes entraînés dans une promenade au milieu de fantômes, où les heures s’égrainent lentement, où le seul but de la vie semble-t-il est la survie.

Le silence, l’ennui, la solitude, la mort sont omni présents, c’est très bien écrit, c’est très beau mais j’ai du toutefois « m’accrocher » un peu pour le terminer. J’en attendais peut-être un peu trop après avoir lu « Lune de Loup ». Ou j’aurai peut-être du attendre que le soleil revienne !!! Je sais que je le relirai, parce que je n’ai pas l’impression de lui avoir donné l’attention qu’il méritait.

Le village d’Ainielle a réellement existé, il a été abandonné en 1970, et depuis, il se dégrade peu à peu à son rythme.

Claude

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On croit qu'on ne pourra jamais accepter sans peur l'idée de la mort. Tant qu'on est encore jeune, on la voit si improbable, si éloignée dans le temps que la distance même la rend inacceptable. Ensuite, à mesure que les années passent, c'est précisément le contraire - sa plus grande proximité - qui nous remplit de crainte et nous empêche à tout instant de la regarder en face. Mais, quel que soit le cas, la peur est toujours la même: peur de l'iniquité, peur de la destruction, peur du froid infini que l'oubli porte en lui.

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Insensiblement, la rouille entama sa progression irré­pressible. Petit à petit les rues se remplirent de ronces et d'orties, les fontaines débordèrent de leur lit primitif, les cabanes succombèrent sous le poids du silence et de la neige et les premières lézardes apparurent sur les murs et sur les toits des maisons les plus anciennes. Je ne pouvais rien faire pour l'empêcher. Privé de l'aide de Julio et de Gavin - et surtout de la braise d'espoir que je gardais encore sous la cendre -, je me trouvais à la merci de la rouille et du lierre. Et ainsi, en quelques années à peine, Ainielle devint le cimetière terrible et désolé que je peux encore voir maintenant à travers la fenêtre.

La pluie jaune de Julio Llamazares, traduit de l’espagnol par Michèle Planel. Aux Éd. Verdier.

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