Sylvia
d’Howard Fast

Alan Macklin est un détective privé parce qu’il faut vivre. Sa passion est l’histoire ancienne, d’ailleurs, il doit toujours finir son dernier diplôme pour devenir professeur. Un jour, un milliardaire l’embauche pour enquêter sur sa future femme : Sylvia West. Pour tout point de départ, il a une photographie, un nom qui certainement est faux et un recueil de poèmes.

Quelle belle histoire, je ne sais pas si l’on peut vraiment dire que c’est un roman policier, je ne sais pas comment le définir. Tout ce que je peux dire, c’est que lorsqu’on le commence on va jusqu’au bout. L’auteur nous entraine dans le pays à la recherche du passé de Sylvia, c’est vraiment réussi. Mac (Macklin) n’est pas le privé alcoolique, qui joue du révolver et parle mal, il est subtil, et sensible.

Je ne lis pas souvent ce genre de livre, une petite maladie m’a permis de me pauser et de prendre le temps de me détendre, et ce livre était un très bon choix. On le lit pour l’histoire, pour l’enchaînement des évènements, le style est simple et coulant.

1ère page :

I.      Los Angeles.

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La plupart des gens se contentent de faire ce qu'ils ont toujours fait : aujourd'hui sera comme hier, et demain ça continuera. C'est comme ça pour moi. Je gagne un salaire de misère dans un sale boulot. Dès que j'ai un sou en poche, je peux refuser les tâches vraiment répugnantes et accepter celles qui le sont moins, et alors j'en conçois une certaine estime pour moi-même, aussi vaine et dépourvue de sens que tous les autres sentiments que j'éprouve. Et toujours, comme tous les gens de mon espèce, je rêve que l'impossible va se produire.

S'il n'arrivait jamais rien, l'existence serait absurde. Moi, j'ai eu de la chance, au moins une fois dans ma vie - et c'est déjà beaucoup - il m'est arrivé quelque chose: Sylvia West est entrée dans ma vie et je suis entré dans la sienne.

Je m'appelle Alan Macklin. Taille : un mètre soixante­-dix-huit; cheveux bruns, yeux marron, je ne suis ni plus laid ni mieux qu'un autre. Je suis né à Chicago, en 1923. J'ai fait à peu près tout ce qu'un gosse peut faire, et j'étais assez patriote pour, trois jours après Pearl Har­bor, m'enrôler dans l'armée. Cinq ans et quatre jours après, on m'a rendu à la vie civile avec le certificat de bonne conduite usuel. Rentré à Chicago, je me suis inscrit à l'Université, tout en travaillant à mi-temps dans l'usine Armour. J'ai passé un examen d'Histoire Ancienne, me destinant, quand j'aurai mon diplôme, à enseigner dans un établissement quelconque ; mais la vie en a décidé autrement.

Sylvia d’Howard Fast, traduit de l’anglais (États-Unis) par Lucile du Veyrier. Éd. Rivages/noir

Claude

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