Robert Walser, le promeneur ironique
Enseignement psychanalytique de l’écriture du roman
de Philippe Lacanée

Robert Walser est mort le 25 décembre 1956 dans la neige, lors d’une de ses promenades qui lui étaient si chères.

Si vous aimez l’écriture de ce formidable auteur, ce livre et une petite mine de plaisirs.

Soit, c’est un essai, je l’ai lu comme  un roman, tant il est pertinent et bien écrit. Ce n’est pas forcément le genre de lecture que j’apprécie. Je n’aime pas vraiment que l’on me dise comment interpréter un texte. Mais là, ce n’est pas le cas, c’est en fait une biographie de type différent. Page 21, « Nous avons fait le choix ici de ne pas tenter une biographie classique de ses écrits. Ce sont les héros de Walser qui le présentent au monde. » Une rapide biographie de l’auteur est rappelé, ses rapports difficiles avec sa mère autoritaire, ses différents métiers, cheminements, ses internements, son retrait du monde etc…

Philippe Lacanée est psychiatre, psychanalyste et j’avais un peu peur que l’on tombe dans une analyse trop « poussée ». Mais non ! C’est vraiment un très beau livre. Difficile d’en parler comme cela, car chacun de nous aime Walser pour ses propres raisons. Celui qui disait « Personne n’a le droit de se comporter avec moi comme s’il me connaissait » (la rose) reste un homme mystérieux malgré tous les écrits le concernant.

Page 174
La voix de la promenade

Pour Walser, la découverte du monde est ainsi liée, sur un mode essentiel, à la marche, à l’ordre du regard, mais surtout de l’ouïe, qui accueille, au fur et à mesure des pas, ce qui s’ouvre à lui, dans cette double mobilité du monde alentour et des impressions, des sentiments qui s’éveillent et s’évanouissent dans la conscience. Les écrits de Walser témoignent de ses passages imperceptibles qui résultent de la conjonction fortuite d’un déplacement physique dans l’espace et d’une très grande sensibilité intérieure.
Philippe Lacanée

Je vous livre là, un paragraphe de la préface de Philippe Forest, comme pour l’extrait du livre, j’ai eu un peu de mal à me décider sur son choix, car ce texte est lui aussi très intéressant.

Page 12
Rendre compte de l’œuvre de Walser à partir de l’expérience finale de sa folie conduirait ainsi à ne rien comprendre ni à l’œuvre ni à la folie en sacrifiant à une vision très faussement romantique de l’artiste et de la fatalité qui pèserait sur lui. Ce n’est pas parce que Walser fut fou qu’il devait l’être : « Il s’en faut de si peu pour passer du côté de la force et de si peu aussi pour plonger tout entier dans le malheur. » Il suffit d’ « un petit grain de poussière qu’on aurait dans l’âme ». Et ce n’est pas non plus parce qu’il fut fou que ses textes le sont. Et même s’ils le sont, il se pourrait bien qu’ils contiennent le secret même de cette santé, le réconfort de cette raison dont leur auteur fut privé :
« J’adresse aux sains d’esprit l’appel suivant : ne lisez donc pas toujours et exclusivement ces livres sains, faites donc aussi connaissance avec la littérature dite malade, où vous pourriez peut-être puiser un essentiel réconfort ».
Philippe Forest

Robert Walser, le promeneur ironique, Enseignements psychanlalytiques de l’écriture d’un roman du réel. Préface, Philippe Forest. Éd. Cécile Defaut

Claude

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Robert Walser

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