Wolken Neun (7ème ciel)
d’Andreas Dresen

Inge a 60 ans, elle est mariée à Werner depuis 30 ans. Elle est couturière. Un jour, elle rencontre Karl, un de ses clients et, c’est le coup de foudre. Coup de foudre réciproque. Ils passent le plus de temps possible ensemble, ils font l’amour, rient, se baladent, ils sont heureux. Inge se sent comme une jeune fille.

Elle essaiera toutefois de rompre, de retrouver Werner, de sauver son couple, mais en vain…

BILLET_7ème ciel

Réalisateur :Andreas Dresen
Acteurs :
Inge : Ursula Werner
Werner 
Horst Rehberg
Karl :
Horst Westphal
Petra :
Steffi Kühnert

 

 

J’ai adoré ce film, c’est une histoire d’amour magnifique. Il montre des retraités pour une fois d’une façon différente, une histoire d’amour comme les autres, avec des hauts et des bas.

Le film commence pratiquement par une scène d’amour, c’est si naturel, l’amour de 2 retraités qui paraissent un peu comme deux adolescents un peu maladroits, c’est très beau.

Nous suivons Inge dans sa joie, ses doutes, ses remords, nous la voyons rajeunir, prendre sa décision et surtout se confier à sa fille. J’ai vraiment apprécié le passage où cette dernière lui dit de vivre son histoire d’amour avec Karl mais de le cacher à Werner. Je crois que je serai capable de dire cela aussi dans un premier temps, tout en sachant que c’est très égoïste. La complicité entre la mère et la fille est très forte.

Werner quant à lui vit le martyre, il ne peut pas comprendre que sa femme puisse vivre cette nouvelle histoire sans lui, bien sûr il avait remarqué son changement, mais il ne se doutait pas de la raison. C’est poignant, parce que l’un comme l’autre, ils n’y peuvent rien. Personne n’est à l’abri d’un coup de foudre, ça ne se commande pas quel que soit notre âge, rien n’est jamais acquit.

Et puis, ce film pour une fois film la réalité des corps ! Il nous prouve aussi que la vie ne s’arrête pas avant la retraite, mais que l’on peut vieillir et vivre pleinement jusqu’au bout !

Claude

 

Critique  

le 8 Octobre 2008 par Charlotte Demanie

D'abord, il y a les corps. Des gens qui s'aiment sans détour à l'écran. Une transparence tout en poésie qui n'évite rien, qui montre tout. Andreas Dresen filme une femme qui redécouvre l'amour. Inge appelle son amant la nuit dans sa cuisine, lui donne des rendez-vous secrets. Ensemble ils font l'amour, du vélo, se baignent nus dans un lac : ils sont amoureux. Mais Inge a passé l'âge de ces bêtises : elle a 60 ans, son amant plus de 75 et elle est mariée à Werner depuis trente ans. Andreas Dresen réussit ici un challenge périlleux. Celui de mêler le rire et les larmes. Le bonheur et le drame. Celui de traiter d'un thème vieux comme le monde qu'est l'adultère sous un angle jamais vu, avec une justesse déconcertante. Celui de filmer une vérité charnelle sans jamais tomber dans la vulgarité : l'amour chez les seniors est encore très physique. Toutefois, les conséquences d'un coup de foudre à 60 ans ne sont pas les mêmes qu'à l'aube de sa vie. Quelqu'un vient s'immiscer dans un quotidien bien huilé et tout dérape. Pour le meilleur et pour le pire. Le réalisateur s'attaque à bon nombre de thèmes tabous auxquels personne ne veut songer comme la dépendance à l'autre après trente ans de vie commune, la peur de la mort, la solitude des personnes âgées... Le quotidien est filmé sans artifices, sans effets, révélant au passage des hommes et des femmes marqués par le temps, qui s'étonnent d'être encore en vie. Par un jeu d'une générosité troublante, les acteurs sont les garants de cette histoire surprenante. Tout en discrétion, le dispositif filmique confronte violemment le spectateur au propos, le laissant seul juge à bord. Les dialogues sont rares et comme arrachés à une vie toute tracée. “C'est arrivé comme ça”, répète Inge à tout-va, “ce n'est la faute de personne”. Avec un scénario simple, 'Septième ciel' aborde frontalement la vieillesse, cette chose qui fâche. Il transporte, émeut, bouleverse et choque par la dureté d'une réalité inéluctable

 

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