J’aime ces deux premières semaines d’août, la ville est déserte, se balader en vélo est un plaisir, les marchés plus petits et moins surpeuplés, je remarque souvent que les gens sont plus souriants… et puis, je prends le temps, pour tout vous dire ce matin le marché a duré 3 heures !!! Bon, il faut dire que j’ai rencontré des amis qui rentraient de Florence, alors il y avait à raconter !!! Quels bonheurs !

Ce matin, je fonçais le nez au vent sur mon vélo pour y aller justement, il faisait un peu frais (oui oui), et je pensais à un poème que j’avais lu hier soir : Ne coupez pas de Claude Roy. Je ne le connaissais pas avant, j’ai ouvert le livre et le hasard a fait le reste…

Ce texte me parle bien en ce moment.

 

Ne coupez pas

Quand je me téléphone
un autre me répond
Il n’est là pour personne
et me dit toujours non

Il comprend de travers
mon adresse mon nom
Il répète à l’envers
toutes mes commissions

Bête comme un écho
qui s’embrouille parmi
le halo de ses mots
ne comprends qu’à demi

Bête comme une voix
qui résonne résonne
dans un désert tout froid
il raccroche et je sonne

Allô Allô c’est moi
qui est à l’appareil
Mais c’est un autre moi
pareil et pas pareil

Un autre me répond
un autre ou bien personne.

 

Poésie de Claude Roy, Ne coupez pas (pages 48-49). Éd. Poésie/Gallimard.

Claude