Bouquiner
d’Annie François

J’ai lu cette semaine sur un blog, qu’une femme était très déçue car elle n’avait lu que 29 livres en août. 29 livres !!!
Cela m’a fait penser au livre d’Annie François, que j’ai retrouvé en rangeant ma bibliothèque (oh quelle joie d’avoir mes livres bien rangés), je l’avais acheté à sa sortie, en 2000. L’auteure nous livre ses habitudes et expériences de lectrice. La quatrième de couverture présente très bien le livre :

Il suffit de lire un bouquin par mois pour avoir des manies, des préférences. Tout est plaisir, tout fait problème. Préfère-t-on lire couché ou assis, dans un fauteuil ou sur une chaise ? User d’un marque-page ? Emprunter ? Prêter, sans espoir de retour ? Se fier aux critiques, n’écouter que ses amis ou son flair ? Engranger encore, toujours, au risque de devoir déménager ?

Pendant longtemps, j’ai été une boulimique de livres, j’en avais à peine fini un que j’en commençais un autre. J’ai changé mes habitudes, j’ai besoin de le savourer, de ne pas le quitter tout de suite, alors je lis de la poésie… il y a un passage dans le livre qui m’a particulièrement touché par rapport à cela. p. 79. Maintenant que je suis grande, je ne recommencerai plus à lire comme on abat des arbres. Car, pas plus que le boulimique ne s’accorde de droit à la digestion, le bibliomaniaque ne prend le temps de la ruminatio.

Le livre s’articule en séquences plus ou moins longues, traitant d’une de nos habitudes de lectrices/lecteurs ; Liseuse au lit, marque page, prêt, emprunt…. Je pense que chacun de nous s’y retrouve à un moment ou un autre, ou à presque tous les moments !!!! C’est cocasse, ça se lit facilement et rapidement, j’ai bien ri en tout cas !

p. 39 Le pire pour moi, c’est le Salon du livre. Ces milliers d’auteurs morts et vivants, ces millions de volumes que je n’ai pas lus. Rien qu’à les regarder, j’ai une indigestion. Très vite, je me fais l’impression d’une végétarienne perdue dans une charcuterie en gros ou un élevage de poulets en batterie. Ce n’est pas que l’appétit me manque, mais, cet étalage de boustifaille livresque m’écœure. En sortant de là, chaque année, je pleure à chaudes larmes. Donc, je fonce dans l’urgence chez un de mes libraires habituels, me précipite sur le bon rayon ou la table des nouveautés, me rue sur la caisse. Trop tard.

Bouquiner, Annie François. Éd. Seuil. 2000.

Claude

Sans titre