Elizabeth Bishop est une poétesse américaine (1911-1979), elle fut élevée par ses grands-parents. Elle a beaucoup voyagé en Europe, en Afrique, en Amérique Centrale… elle a traduit entre autre Rimbaud, Baudelaire, et s’est intéressée aux surréalistes).

Vous trouverez sur Internet de nombreux sites la concernant.

J’ai trouvé ce recueil « Un printemps froid » à la médiathèque, le titre m’a parlé… le printemps est difficile pour moi cette année, mais je garde le moral pas de soucis de ce côté, ouf !!! juste le corps qui me lâche un peu. Ça va passer ! Je suis moins présente car, l’écran me fatigue, comme lire ou écouter de la musique. Alors, je grignote à droite à gauche des extraits de textes.


Et puis, j’ai eu la chance dimanche, de déjeuner avec Louise Gervais, (le temps d’une accalmie de la douleur). J’ai rencontré une personne formidable, sereine, nous avons ensuite pris le thé toutes les deux. Bon, c’était juste le temps d’un bref échange, elle était en formation avec un groupe, mais peu de mots ont suffi pour que cet instant reste gravé en moi. En quelques mots, elle m’a redonné confiance en l’amitié. Je n’y croyais plus. Hé oui, l’année dernière on avait été injuste et cruel avec moi, les gens déversent leur mal être sur les autres comme ils le peuvent. Il y a longtemps que j’avais pardonné, mais il n’était plus question que je fasse confiance à qui que ce soit. Et pourtant, des gens extraordinaires m’ont tendu la main cette année, la preuve, j’ai été invitée à ce déjeuner... J’avais tort, tout le monde ne se ressemble pas, et, c’était juste la fin de quelque chose, je l’ai compris, je suis guérie. Et, voilà pourquoi je vous parle de Louise Gervais. Je la connais parce que j’aime l’EFT, et le TAT, ce sont mes yogas à moi ;o)

Et pour revenir à la poésie, j’aime particulièrement ces deux poèmes. Le cœur, que ce soit en amour ou en amitié, même s’il est tumulte n’est-il pas ce qui nous projette toujours un peu plus loin.

Claude

 

1 / Conversation

Le tumulte du cœur
ne cesse de poser des questions.
Puis il s'arrête et entreprend de répondre
sur le même ton.
Nul ne pourrait déceler la différence.

Non anodines, ces conversations s'amorcent,
puis elles engagent les sens,
sans tout à fait le vouloir.
Et alors il n'y a pas de choix,
et alors il n'y a pas de sens ;

avant qu'un nom
et toute sa connotation soient les mêmes.

 

I/Conversation

The tumult in the heart
keeps asking questions.
And then it stops and undertakes to answer
in the same tone of voice.
No one could tell the difference.

Uninnocent, these conversations start,
and then engage the senses,
only half-meaning to.
And then there is no choice,
and then there is no sense;

until a narre
and ail its connotation are the same.

 

 

Insomnie

La lune dans la glace de la commode
regarde à un million de milles
(et peut-être avec orgueil, se regarde
mais sans jamais, jamais sourire) très loin au-delà du sommeil, ou
 peut-être est-ce le jour qu'elle dort.

Par l'Univers désertée,
elle lui dirait d'aller au diable,
et trouverait une étendue d'eau
ou un miroir, où se tenir.
Alors, plie le souci dans une toile d'araignée
et lâche-le au fond du puits

dans ce monde inversé
où la gauche est toujours la droite,
où les ombres en réalité sont le corps,
où nous restons éveillés toute la nuit,
où les cieux sont aussi minces que la mer
à présent est profonde, et où tu m'aimes.

 

Insomnia

The moon in the bureau mirror
looks out a million miles
(and perhaps with pride, at herself,
but she never, never smiles)
far and away beyond sleep, or
perhaps she's a daytime sleeper.

By the Universe deserted,
she'd tell it to go to hell,
and she'd find a body of water,
or a mirror, on which to dwell.
So wrap up care in a cobweb
and drop it down the well

into that world inverted
where left is always right,
where the shadows are really the body,
where we stay awake all night,
where the heavens are shallow as the sea
is now deep, and you love me.

 

Un printemps froid d’Élizabeth Bishop, traduit de l’américain par Claire Malroux. Éd. Circé.

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