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Je crois qu’il nous arrive à toutes et à tous de ne plus avoir envie d’allumer l’ordinateur et la télévision pour se consacrer à autre chose. C’est ce qui m’est arrivé ces dernières semaines… Je passe 40 heures par semaine sur l’ordinateur au travail et arrivée à la maison, je n’ai plus très envie d’allumer le mien, même si l’activité est différente !

Enfin bref, me revoilà !

En plus, depuis mon dernier coup de cœur, je continue à trouver tout ce que je lis fade… c’est terrible. J’aime bien les polars de temps en temps, alors j’en lis, je ne suis pas déçue, je ne demande pas la même chose à un policier ou un livre « fantaisie » qu’à un roman. Je trouve cela injuste d’ailleurs, car je suis en train de finir « Blanche-Neige doit mourir » et je trouve ce livre captivant jusqu’au bout. J’ai également lu de la poésie, et j’ai réouvert « Walden » de Thoreau (je serai tentée de dire, un peu comme tous les hivers, avec Walser ce sont mes chouchous de la saison froide). Il y a tant de passages que j’aime dans ce livre. En ce moment, plus particulièrement celui qui suit, on dirait un peu ma maison…

Page 147.
J’avais trois chaises dans ma maison ; une pour la solitude, deux pour l’amitié, trois pour la société. Quand des visiteurs arrivaient à l’improviste et en nombre plus élevé, il n’y avait que la troisième chaise pour eux tous, mais d’habitude ils faisaient des économies de place en restant debout.
Walden d’Henry D.Thoreau, traduction de Brice Matthieussent, préface de Jim Harrison. Éd. Le mot et le reste.

 Et puis, j’ai découvert Irina Mavrodin. Ses vers me touchent particulièrement. Je connais pratiquement par cœur, ce petit recueil. Pour vous dire… !!!

Née, en 1929 à Oradéa, elle est décédée en 2012 à Bucarest. Elle était, poète, essayiste et traductrice. Malgré le régime communiste roumain, elle était parvenue à s’imposer comme essayiste imminente et reconnue.

En tant que traductrice, elle a traduit l’intégral du temps perdu de Proust, Camus, Ponge, Flaubert, Gide…
En tant que spécialiste de la littérature française, elle a été professeure à l’Université de Bucarest et à Cracovie. Elle participait également à la collection « Lettres romaines » chez Actes Sud.

Son œuvre poétique est considérable. « Elle reflète l’intranquilité douloureuse, la sensibilité et la haute intégrité d’un esprit aussi exigeant envers soi-même que généreux envers le monde. »(Présentation du recueil).

 

dans la pluie

un être naturel nous éprouve
la nuit pour nous transformer en arbres
exercice d'exister dans la pluie avec les oiseaux
par toi avec plus d'amour nous nous rapprochons
de la terre
lit tout préparé dont nous avons peur
pétrifie-nous dans l'amour
que l'indifférence arrête le bruissement
de ces feuilles

 

je regarde

je regarde
cet arbre
il m'hypnotise
avec ses feuilles vertes

il me coupe en deux
avec son tronc
noir
je ne sais plus

dans quel monde je vis
si je suis ici
ou de l'autre côté

Sang vert, d’Irina Mavrodin. Éd.sine die h.

Sans titre-1

Irina Mavrodin

 

À bientôt,
claude