ce matin

pour Dagur

j'ai couru les yeux écarquillés après toi
écumant les rues

toquée de tes flancs noueux
de ta peau de jade

tu as renversé mes boîtes crâniennes
et cueilli la folie de mes jambes

ce matin
à mon réveil à tes côtés
tu étais mort
parmi les livres peaux de poisson sandales
je fume la dernière cigarette

ne m'appelle pas dans le fjord
flotte une odeur de graisse de baleine

 

Sans titre-3

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

ouvenir de qui

souvenir de qui
me donna la main
et me persuada d’une première fugue
souvenir de qui
me porta par-delà les flots et les congères
qui parla ma langue
et ne me comprit pas
il est temps encore mais un jour
je reprendrai la mer
et descendrai sans amarrer sur une terre
et me pendrai à l’étoile polaire
ou bien j’irai dans le désert de pierre
deux cents volcans
il en est un qui n’a cessé de brûler
non loin de lui se trouve mon soulier

Sans titre-2

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Dans chaque pierre orpheline d’Helga M. Novak, traduction de l’allemand par Élisabeth Willenz. Édition hochroth.

 

Je ne connaissais pas du tout Helga M. Novak. C’est une poétesse islandaise de langue allemande. Pour ma part, je trouve sa poésie rugueuse, violente et très belle.

Claude

Sans titre - 1