Intempérie
de Jes
ús Carrasco

Un enfant en fuite, traverse une plaine sous le soleil, avec la faim et la soif au ventre. Il rencontre un vieil homme, un berger. Il essaie de le voler, mais le berger prendra soin de lui, le soignera, le nourrira, lui apprendra le métier de berger. Leurs vies en seront changées. Jusqu’au jour où les poursuivants de l’enfant les rattraperont.
La ligne directrice de l’histoire ressemble un peu à celle du roman « l’homme du verger », traité sous un autre angle.

C’est encore un roman où le silence est primordial, où les mots ont moins de valeur que le regard et la présence de l’autre. La relation entre l’enfant et le vieil homme est très profonde, preuve que l’amour est un sentiment qui n’a pas besoin de mots pour s’exprimer.
L’écriture de ce roman est formidable, c’est un véritable plaisir de lire ces longues phrases, si bien rythmées et équilibrées.

Ce livre est un concentré de sentiments vrais, l’émotion est omniprésente.

Claude

Première page
De son trou argileux, il entendit l’écho des voix qui l’appelaient et essaya de localiser chacun des hommes dans les limites de l’oliveraie, comme s’il s’agissait de grillons. Beuglements pareils à des cistes calcinés. Recroquevillé en chien de fusil, son corps s’encastrait dans la cavité sans lui laisser le moindre espace pour bouger. Les bras repliés autour des genoux ou sous la tête lui servant d’oreiller, et à peine une minuscule niche pour la musette à provisions. Pour recouvrir le trou, il avait disposé du bois d’élagage sur deux rameaux plus gros qui faisaient office de poutres. Il tendit le cou et garda la tête relevée pour pouvoir écouter plus nettement. Les yeux mi-clos, il dressa l’oreille à la recherche de la voix qui l’avait obligé à s’enfuir. Il ne la trouva pas. Il ne distingua pas non plus les aboiements. Il en fut soulagé, car il savait que seul un chien bien dressé pourrait découvrir son repaire.

Intempérie de Jesús Carrasco, traduit de l’espagnol par Marie Vila Casas. Ed. Robert Laffont.

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