Me revoilà.  J’ai quelques jours de vacances, ouf, je vais pouvoir souffler, me reposer et profiter de ce beau printemps (avril et mai sont mes mois préférés, la nature y est la plus belle) ! Les livres ont retrouvé leur place. J’ai lu quelques livres qui ne m’ont pas vraiment marqués, j’ai par contre découvert quelques poètes suédois qui m’ont beaucoup plu. Je vais donc commencer par l’un d’eux ; Ann Jäderlund.

Claude

Ne pleure pas a dit mon ombre. Quand nous passions
dans le bois. Ne pleure pas au sentiment. Presque
comme une formule vivante. Sous les ombres
des flots blancs. Tu es peut-être aussi pardonné.

                       

 

Être une vague. Parce qu’alors on n’est pas condamné.
Quand tout se resserre.
Et détruire son image. Être là
où n’est pas le monde c’est le monde. Ne l’est pas. Au milieu
de la croix. C’est alors comme si quelque chose se dénouait
en nous. Mais qu’est-ce que cela peut bien être ?

 

 

Quand la vie s’en va. Chaque corps
lourdement chargé. Se détache
du corps véritable.
Et passe à l’autre.
On ne sait où il
commence.  Peut-être qu’il
se redistribue tout le temps
sur une même surface. Latéralement
sans température. S’il y a
des surfaces. Mais il ne sauve
probablement rien. N’existe pas même
en soi. Là où l’on est. N’apaise
aucune souffrance. Ne détecte pas
même le sentiment. Existe-t-il
même en profondeur ? Tels
qu’ils sont ? Même poreux ?
Comme les côtés
dans l’ombre ?

 

 

Trois poètes suédois, Datarina Frostenson, Ann Jäderlund, Göran Sonnevi, Présentation et traduction par François-Noël Simoneau. Éditions du Murmure.

Sans titre-