Le chat dans le cercueil
de Koike Mariko
 

Hariu a 50 ans, lorsque sa femme de ménage trouve dans le jardin une chatte blanche, elle se souvient, et raconte à Yukiko son histoire. Cela se passait dans le Japon d’après-guerre, Hariu est une jeune femme qui veut devenir peintre. Elle a tout juste 20 ans. La mère de sa meilleure amie lui propose de travailler chez un de ses neveux, veuf depuis peu. Il est peintre, il a une fillette qui aurait besoin d’un professeur. Hariu accepte, et part chez Gorô Kawakubo, en plus de son salaire, il lui donnera tous les dimanches après-midi des cours de peinture.

Gorô vit avec Momoko, c’est une enfant, réservée, secrète et solitaire. Elle n’accepte dans son environnement que son père et sa chatte blanche « Lala ». Hariu, arrive peu à peu à apprivoiser la sauvageonne, lorsqu’elle se rend compte que l’enfant prend sa chatte pour sa mère, et lui parle et agit comme si c’était vrai.

Gorô quant à lui, n’a d’yeux que pour la belle Chinatsu, revenue depuis peu d’Amérique.

Le temps passe, et quand la neige tombera, deux tâches rouges viendront la souiller. Hariu, sera le témoin indirect d’un drame épouvantable. Elle sera la seule à comprendre, à savoir que les vérités cachées, les non-dits pousseront inexorablement les personnages vers le meurtre.


J’ai beaucoup aimé ce polar, que je qualifierais plutôt de roman à suspens. L’histoire s’installe peu à peu, il est écrit de telle façon que je suis entrée dans la maison « américaine » de Gorô, que j’ai vu les gens, j’ai entendu le jazz, le champ, et le changement de saison. Jusque la dernière page j’ai été surprise. C’est un très beau huis-clos psychologique.

Claude

Première page.
Prologue

Les miaulements d'un chat se firent soudain entendre quelque part.

Yukiko interrompit sa vaisselle et jeta un œil dans l'arrière-cour par la fenêtre de la cuisine. Sous le cerisier de forme peu harmonieuse, elle aperçut un chat tout sale. Assis au milieu des pétales qui tombaient en tourbillonnant, il leva les yeux vers elle et poussa un miaulement perçant.

Il s'agissait d'un chat adulte qu'elle n'avait jamais vu dans le voisinage. Sans doute avait-il trainé longtemps dehors, car il était gris de pous­sière. Les touffes de poils derrière ses oreilles, encroûtées de boue séchée, n'étaient plus que de petites pelotes dures qui pendaient.

Tu as faim? lui cria-t-elle par-dessus le rebord de la fenêtre. Dans les rayons du soleil de printemps, le chat cligna de ses grands yeux tirant sur le vert et bâilla à se décrocher la mâchoire.

Du réfrigérateur, Yukiko sortit un pack de lait, vii versa un peu dans une soucoupe, puis ouvrit doucement la porte de la cuisine.

Le chat dans le cercueil, de Koike Mariko. Traduit du japonais par Karine Chesneau.

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