Le dessin au sable
de Nosaka Akiyuki

Une femme sachant sa mort proche décide d’aller retrouver son amour de jeunesse avec qui elle a eu une fille. C’est la base du récit.

Nous découvrons son histoire, comment celui qu’elle avait aidé à partir pour devenir peintre n’est jamais revenu, la laissant seule avec un bébé dans le ventre dans un monde d’hommes.

Elles partent toutes les deux, sillonnent le pays à pieds, vivotent et vendent des dessins de sable de couleurs. Puis, le soir de sa mort la mère fait un dessin de sable (je ne dirai rien sur le dessin ou comment elle le fait, il faut le lire !). Elle le confit à sa fille en lui précisant bien que seul son père pourra le reconnaître. Ensuite, les choses se corsent pour la jeune fille, et là intervient le fantastique. La vengeance au-delà de la mort pour des hommes qui ont osé bafouer la jeune fille.

C’est très bien écrit, il faut toutefois avoir le cœur bien accroché dans certains passages. Je ne peux pas vous raconter ce qui se passe après la mort de la mère, car je trahirai le livre.
On découvre le Japon vieux de 200 ans, sa culture, ses us et coutumes, ses croyances absurdes. Nosaka Akiyki laisse libre court à son obsession du sexe et de la mort. C’est un très beau récit fantastique.

Claude

Première page.

Un mois de novembre qui tire sur sa fin, an 3 de l'ère Bunka (1806), à la pluie, encore menaçante lorsque les cloches égrenaient les coups de la sixte vespérale, la neige a fait place en même temps que tombait la nuit, au pied de la butte d'Ueno à présent désertée par ses derniers retardataires, face aux baraques de conteurs tendues de claies de jonc, voici l'étal en plein air d'un débit ambulant de nouilles au sarrasin, installé là pour la nuit par son tenancier, un vieillard d'un peu plus de soixante ans d'âge.

Dos courbé, mains tendues au-dessus du brasero de cuivre, l'homme attend le chaland dont pour l'heure, toutefois, rien n'annonce l’arrivée prochaine, mais sans doute cette obstination s’explique-t-elle par la présence aux abords de tripots clandestins.

Le dessin au sable de Nosaka Akiyuki, traduit du japonais par Jacques Lalloz. Éditions Picquier poche.

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