La vie et les confessions d’Oscar Wilde
de Frank Harris

Avant de lire ce livre, j’avais noté quelques idées sur ce que je pensais d’Oscar Wilde, enfin, de son écriture, ceci pour voir si je changeais d’avis après la lecture du livre. Pour résumer, ce n’est pas un style que j’apprécie vraiment, tout comme le personnage d’ailleurs, car je n’ai jamais aimé les grands causeurs.

Vous me direz alors, pourquoi lire ce livre ?!!! Parce que j’avais adoré le livre « la bombe » de Frank Harris, tant l’histoire que son style d’écriture. Aussi, quand j’ai vu que « la dernière goutte » éditait ce livre je n’ai pas hésité, même si le sujet n’était pas forcément à mon goût.

Et, je n’ai pas été déçue du tout. Je ne peux pas dire que j’apprécie beaucoup plus Oscar Wilde, mais Frank Harris oui !!

Il a été l’ami de Wilde pendant 20 ans, de l’université à sa mort, tout en restant son ami quand beaucoup le laissait tomber.

Il « raconte » le personnage, le début de leur amitié, la personnalité et le caractère bien affirmés de l’écrivain. Wilde est resté fidèle à ses valeurs et à la  conduite de vie qu’il s’était fixé jusqu’à sa mort.

Frank Harris en parle sans fioriture, il le décrit comme lui le vivait, avec ses qualités et ses failles. Il reste étonné de ne pas avoir cru à l’homosexualité de Wilde jusqu’à ce que ce dernier ne lui confirme. Il ne juge pas, il est l’ami pas le juge, il est la mémoire pas la « conscience ». Au fil du livre, j’ai découvert un Wilde plus humain et moins imbu de lui-même. J’ai beaucoup aimé les lettres ajoutées en appendice, et aussi les  gros titres des journaux de l’époque, ou la réaction des proches ou non. Je ne le connaissais pas en fait, et après la lecture de ce livre, je crois que c’est un homme qui avait une grande peur de la solitude et de ne pas être aimé, un homme fragile.

Claude

 

Première page

Un scandale à Dublin

Le 12 décembre 1864, la ville de Dublin était en effervescence. Un scandale, chuchoté à l’oreille depuis longtemps, devait s’étaler sans huis clos devant les tribunaux, et toutes les femmes et un bon nombre d’hommes haletaient de curiosité et d’impatience.

Les héros de cette histoire fort pimenté appartenaient tous à la société la plus en vue. Le véritable accusé était un médecin et oculiste fameux, récemment anobli pour ses travaux ; sa femme, écrivain de grand renom, s’était acquis la faveur populaire par sa défense passionnée des droits de l’Irlande. Pour le peuple irlandais, « Speranza » incarnait une sorte de muse nationale.

La plaignante était une jeune fille dont le père, professeur de médecine légale au Trinity College, avait également la direction de la bibliothèque Marsh.

On racontait que cette Miss Travers, à peine âgée de vingt ans, avait été séduite par le Dr William Wilde au cours des soins qu’il avait été appelé à lui donner.

 

La vie et les confessions d’Oscar Wilde de Frank Harris, traduit de l’anglais par Henry-D et Madeleine Vernon, traduction revisée par l’éditeur avec le concours d’Anne-Sylvie Homasseul. Éd. La dernière goutte.

 

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