La fièvre de l’aube
de Péter Gardos
 

J’ai lu ce livre il y a au moins deux mois, mon billet sera donc un peu succinct. L’écriture de Péter Gardos est fluide, le livre se lit très rapidement. Il conte l’histoire de ses parents, plus exactement de leur rencontre.
Son père est rescapé des camps de concentration nazi. Atteint de tuberculose, il a été envoyé en camps en Suède pour se faire soigner. Les médecins lui donnent peu d’espoir, aussi, pour se donner la force de survivre, il écrit à 117 jeunes hongroises réfugiées en Suède pour diverses raisons.

7 lui répondent, dont Lili. Ils s’écriront de septembre 1945 à février 1946. Peu à peu, ils tomberont amoureux et feront tout pour se rencontrer.

A la mort de son mari, la mère de Péter Gardos, lui a confié les lettres qu’elle avait échangées avec son père. C’est un beau témoignage qui m’a fait découvrir la vie dans les camps de réfugiés en Suède pendant la guerre. Il est vrai que dans les reportages, nous n’en entendons que peu parler.

Un livre qui se termine bien !

Claude

Première page
Un jour d’été qui tournait à la pluie, mon père arriva en Suède.

La guerre était finie depuis à peine trois semaines.

Le vent du nord soufflait furieusement. Le bateau, en route vers Stockholm, tanguait sur la Baltique, au milieu des vagues de deux à trois mètres. On avait mis mon père à l’entrepont inférieur. Les évacués, couchés sur des sacs de paille, se cramponnaient convulsivement à leur lit, s’efforçant de ne pas lâcher prise au milieu des terribles secousses.

Une heure ne s’était pas écoulée depuis le départ quand mon père fut pris d’un malaise. Tout d’abord il n’expectora qu’une écume mêlée de sang, et il se tourna sur le côté, mais il se mit ensuite à tousser si fort que son agonie couvrit presque le claquement des vagues se brisant sur les flancs de la coque. Parce qu’il faisait partie des cas difficiles, on l’avait couché au premier rang, juste à côté de l’écoutille. Deux matelots soulevèrent son corps d’oiseau et le portèrent dans la cabine voisine.

La fièvre de l’aube de Péter Gardos, traduit du hongrois par Jean-Luc Moreau. Ed. Robert Laffont.

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