Souvenir de la peur
de Konstantin Pavlov

Parler, écrire sur la poésie est pour moi un exercice extrêmement difficile. Plus aucun autre, le poète choisit chaque mot avec plus de précision encore que l’écrivain. La poésie est une chose que l’on ressent au plus profond de soi-même comme une peinture, une musique. Chacun de nous à sa propre perception, chacun de nous à son histoire et sa personnalité, alors comment pourrais-je dire une généralité que vous pourrez lire un peu partout.

Je ne connaissais pas Konstantin Pavlov, c’est sa traductrice Marie Vrinat-Nikolov qui m’a fait envoyer sa traduction et je l’en remercie encore.

Ce recueil, le soir où je l’ai reçu, je n’ai pas pu le quitter, je l’ai lu et relu. Il est bouleversant.            

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La préface de Marie Vrinat-Nikolov m’a permis de mieux comprendre et cerner le personnage. Il m’a conquise d’emblée, pour mieux le comprendre je vous copierai une de ses réflexions citée par Marie Vrinat. Page 10. J'ai le sentiment qu'on me taille un uniforme, peut-être les habits neufs de l'Empereur. Quant à mes œuvres, dès 1955 j'ai décidé que je me fichais de savoir si j'étais un poète, que je me fichais de savoir ce qu'est la poésie, et que j'écrirais uniquement de la manière qui me permet le mieux de m'exprimer. Cette forme, ou ce jeu, poétique, me convient le mieux parce qu'elle a recours à peu de mots, parce qu'on s'exprime et on noircit la feuille avec moins de vanité (ibid. : 70).

Cet homme qui a décidé de se taire pendant 25 ans, a trouvé les mots justes dans ses lignes.

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Il se dégage une force incroyable dans cette poésie, qui submerge et envahie. Il n’y a pas à mes yeux une bonne ou mauvaise poésie, il y a juste celle qui me parle, celle qui me touche, et celle de Konstantin Pavlov en fait partie. Il y a une phrase qu’il a dit lors d’une interview qui me plaît énormément : « Je n’ai pas peur de mes contradictions parce qu’elles sont une garantie de sincérité. »

Souvenir de la peur de Konstantin Pavlov, traduit du bulgare par Marie Vrinat-Nikolov. Éd. Presses Sorbonne nouvelle.

 

Ne trouvez-vous pas que l’écriture bulgare est belle à regarder… on dirait des petites traces d’oiseaux, quand je l’ai vu, j’ai pensé au magnifique livre de Tarjei Vesaas « Les oiseaux ».

Claude

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