Impossible de trouver un livre après Paula T. une femme allemande de Christopher Hein ! Il y a longtemps que ce ne m’était pas arrivé, tous les livres que je commençais me semblaient fades, et j’avais l’impression de ne pas leur laisser une chance, et leur rendre justice.

Rester sans livre est impossible !!! je me suis tournée vers les polars en me disant que ça me changerait un peu.

Je suis partie au Canada, avec Louise Penny et son commissaire Gamache. J’aime bien ses ambiances, ses « petits villages tranquilles », ses intrigues bien ficelées. J’ai passé un beau moment de détente, je n’ai pas été déçue du tout, il m’a vraiment fait du bien.

               

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Puis, j’ai enchaîné avec « le violoniste » de Mechtild Borrmann. Quel beau polar !!! Il allie enquête et histoire.

En 1948, Ilja Grenko, un célèbre violoniste est arrêté avec son violon, à la sortie d’un de ses concerts. Il est immédiatement conduit au siège du KGB. Il ne connaît pas la raison de cette arrestation, mais au bout de quelques semaines, comme beaucoup, il signe ses aveux. Il est alors condamné à 20 ans de goulag. Sa famille est déportée et son violon disparaît. Son violon a été offert à sa famille par le Tsar Alexandre II, un Stradivarius.

20 ans après, son petit-fils part à la recherche de ce violon, et de la vérité sur l’histoire de sa famille. Il y a tant de zones d’ombres, tant de souffrances et de morts. Il découvrira le vrai calvaire qu’ont subi ses grands-parents infligés, directement ou indirectement par le KGB. Il découvrira les trahisons, les mensonges. C’est un livre passionnant, je n’ai pas  pu m’en détaché, heureusement que je l’ai commencé un jour de repos !!!

Le style est bien rythmé, l’auteure donne la parole au petit-fils, à la grand-mère et au grand-père. Au fur et à mesure de leurs récits nous découvrons la vérité sur l’histoire de la famille, les mensonges qui leurs étaient dits, les conditions de vie dans les goulags, dans les villes de l’exil…

Ce livre est captivant jusque la fin. Au fur et à mesure de l’histoire les personnages prennent corps et nous portent vers des mondes inconnus où règnent terreur et persécutions.

Claude

Première page (Le violoniste)

Mai 1948, Moscou

L’accord final du concerto pour violon en ré majeur de Tchaïkovski se déploya au-dessus des spectateurs de l’orchestre, gagna les balcons, les galeries, avant de se dissoudre dans l’immense coupole de la salle de concert. Pendant quelques secondes, le silence fut total, puis un tonnerre d’applaudissements se déchaîna. Ilia baissa son violon et s’inclina, au côté du chef d’orchestre, devant la foule en liesse. Les musiciens se levèrent et s’inclinèrent à leur tour.

Six semaines durant, Ilia Vassilievitch Grenko avait été ovationné dans les plus grandes salles d’Europe. Mais la reconnaissance du public du conservatoire Tchaïkovski –là même où il avait été formé- et les acclamations de ses professeurs, assis aux premiers rangs, les remplissaient d’une fierté particulière. Il salua une dernière fois, s’épongea encore le front avec son mouchoir, puis quitta la scène.

L’étui du violon l’attendait à l’entrée des coulisses. Ilia ne transportait jamais son instrument sans protection dans les couloirs. Ses collègues s’amusaient de ses précautions, qui confinaient à la manie, mais Ilia Grenko chérissait son violon par-dessus tout. Il suffisait d’une maladresse d’un instrumentaliste ou de l’imprudence d’un technicien : le danger était partout. Et son succès, Ilia en était convaincu, il le devait à ce Stradivarius, qui était dans sa famille depuis quatre générations. En 1862, son arrière-grand-père, le violoniste Stanislas Sergueïevitch Grenko, l’avait reçu en cadeau du tsar Alexandre II, qui l’avait rapporté d’un voyage en Italie. Jusqu’à la révolution, on s’était transmis cette histoire avec fierté. Stanislas Sergueïevitch avait été le violoniste favori du tsar, auquel le liait une véritable amitié.

Le violoniste de Mechtild Borrmann, traduit de l’allemand par Sylvie Roussel. Éditions du masque.

 

le-violoniste[1]