Page 33

Un autoportrait :
La baignoire.

Moi, femme nue
Le torse plié
Une main protège le cœur :
Moi, poignardée, exsangue.

Je voile ma fatigue
Ce temps
Empoisonné.

Rien n’échappe
à Duncan,
Surtout, ma détresse
Dangereusement calme.

 

Page 69

Durant des heures, je travaille.

La dissonance des coloris
J’enduis la chair de ma sœur
De couches gluantes.

Mais ce n’est jamais ça.

A peine une ligne trace
Ses paupières closes.
Derrière, les eaux glauques
Noient son cerveau.
« J’ai l’impression de vivre une mort. »

 

Page 13

Tu mets du parfum à mes tempes
Eau de lavande
Comme le faisait mère.

Cette Deuxième Guerre à nos portes
Et dans la tête d’autres combats.

Les ténèbres nous cernent.

La mort de Julian ouvre la voie
A tous les autres malheurs.

Durant des mois, le monde vivant en horreur.

Ne plus voir ce fils, c’est ne plus rien voir.

Des mois de chagrin, inépuisable douleur.

Quand j’émerge
Mon reflet
Dans la fatigue du regard vitreux de ma sœur.

 

Page 87

Farmhouse à Charleston

Ma maison parle
Pour moi
De moi.

Je l’imprègne de beauté
La baigne de jeux de lumière
Comme mes tableaux.

Ma maison, une enclave
En territoire contaminé
Dehors, dedans.

 

Vanessa Bell, sœur de Virginia Woolf, de Louise Cotnoir. Editions de Norois.

Ce soir, je suis en vacances pour deux semaines. Vive les journées d’ancienneté ! Je vais pouvoir me reposer et profiter du soleil, de mes balades, de mes livres et de tout ce qui va avec le mot vacances, même peut-être un petit voyage à la mer.

En attendant, ce soir, je suis allée chercher ce livre que je m’étais commandée. Et je l’ai commencé en terrasse, cela s’appelle plaisir !

Louise Cotnoir, à travers sa poésie, nous entraîne dans le monde de Vanessa Bell, dans sa solitude, ses joies, sa vie, mais surtout, elle essaie de retranscrire ses relations avec sa sœur. J’ai pris beaucoup de plaisir à le lire, j’ai lu beaucoup de livres sur sa vie, et j’ai été enchantée de me rendre compte que je connaissais les instants qu’elle retraçait à travers ses poèmes, ainsi que les tableaux qu’elle décrivait. Un seul bémol pour moi, il n’y avait pas à mettre sous le titre Vanessa Bell « la sœur de Virginia Woolf ». Vanessa Bell vit sans Virginia Woolf. Cela fait très marketing ! Beaucoup connaissent Virginia mais pas Vanessa. Moi, mon héroïne, c’est Vanessa !

D’ailleurs, l’année prochaine, je vais aller visiter sa maison « Farmhouse » à Charleston. J’ai hâte d’y aller, cela fait des années que j’en rêve ! et si j’ai le temps, j’irai également à Monk house, où elle avait également fait la décoration.

Claude

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