Fin d’orage

L’orage a fait éclore là-haut une féérie
De grosses fleurs creuses à des cloches pareilles
Qui ébranlent dans le vent
Et allongent leurs battants pour frapper nos oreilles…
Fleurs aux lèvres charnues
Mordues par le soleil
D’où saigne la pluie,
D’où goutte la pluie comme un miel d’or –
Et ma terre adoucie fuit devant l’orage.

 

Visage

Cheveux…
gris d’argent,
tels des flots d’étoiles,
Front…
canot incurvé
qu’agitent les rides nées de la douleur
Ses yeux…
buée de larmes
qui se condense plus bas sur sa chair
Et ses muscles cannelés
sont des grappes de douleur
pourpres dans le soleil du soir
presque mûres pour les vers.

 

Conversion

Gardien des Âmes africain,
Ivre de rhum,
Repu d’un manioc étranger,
Soumis aux mots nouveaux et aux palabres creuses
D’un dieu sardonique au visage blanc -
Grimace, crie
Amen,
Chante Hosanna.

Extraits de « CANNE » de Jean Toomer, traduction de l’américain de Jean Wagner. Ypfilon.éditeur

 

Je reviendrai sur ce livre qui nous transporte dans la Géorgie du XXème siècle. Pour l’instant, je le savoure encore un peu !

Claude


Un chant immortel, un arbre qui chante 
Et redit tout bas les âme de l’esclavage,

Ce qu’elles furent, et ce qu’elles sont pour moi,
Et redit tout bas les âmes de l’esclavages.

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