La conversion
de James Baldwin

Tant de sujets sont abordés dans ce livre qu’il est difficile d’en faire le tour. Il est très riche, que ce soit sur le caractère des personnages, sur la communauté, la violence… et de l’espoir.

Extrait

J’ai regardé l’avenir,
Et je me suis interrogé.

Tout le monde avait toujours dit que John deviendrait prédicateurs quand il serait grand, comme son père. Et les gens le lui avaient tellement répété que John, sans jamais y avoir réfléchi, en était venu à le croire. Il fallut qu’arrive le matin de son quatorzième anniversaire pour qu’il se mette à y réfléchir sérieusement, mais, là, il était déjà trop tard !
Ses souvenirs les plus lointains – ses seuls souvenirs en un sens – tournaient autour de l’affolement et de l’animation des dimanches matin. Ce jour-là, ils se levaient tous en même temps : son père qui, n’étant pas obligé d’aller travailler, les faisait prier avant le petit déjeuner ; sa mère qui veillait à sa tenue ce jour-là et paraissait presque jeune, avec ses cheveux défrisés et, sur la tête, le bonnet blanc bien ajusté qui constituait l’uniforme des saintes femmes ; son frère cadet, Roy, qui ne disait pas un mot ce jour-là parce que leur père était à la maison ; Sarah, la chouchoute à son papa, qui se collait un ruban rouge dans les cheveux ce jour-là. Et le bébé, Ruth, qui, vêtue de rose et de blanc, allait à l’église dans les bras de sa mère.

 

La conversion de James Baldwin, traduit de l’anglais (américain) par Michèle Albaret-Maatsch. Editions Rivages.

 

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