Nous sommes restées à fixer l’horizon
de Mona Hovring

Olivia traverse une période difficile. Sa mère l’étouffe, son copain l’a mis à la porte, son travail l’ennuie…

Sa tante Agot, qu’elle n’a pas revu depuis des années décède, et lui laisse sa maison en Islande.

Lors de ses funérailles, Olivia rencontre Bé, une femme dont elle tombe immédiatement amoureuse. Elle s’interroge, c’est la première fois que cela lui arrive, elle décide alors de tout abandonner et de partir avec elle, dans la maison en Islande.

Là-bas, une amie d’Agot garde la maison, Halldora, et lui parlera de cette tante aimante.

 

Partir permet à Olivia de s’affranchir de sa famille, des « obligations » sociales, et de s’affirmer. C’est un premier roman, il se lit rapidement, il n’est pas inoubliable mais agréable, sensuel. Les très courts chapitres donnent le rythme au livre, c’est plaisant. En écrivant ce billet, je me dis que ce livre me fait penser aux premiers romans des années 80, ne me demandez pas pourquoi… !!

Claude

Première page
Ma tante a été enterrée un lundi. J’avais un coup dans le nez et des bleus à l’âme, mais ni le deuil ni la détresse n’expliquaient mon état miteux puisque la morte ne m’a jamais été particulièrement proche, sans compter qu’elle a réussi à passer le cap des quatre-vingts ans avant de daigner tirer sa révérence – mais bon,  on ne peut pas non plus exiger la vie éternelle.

J’avais biberonné sec avant de me rendre à l’église : j’allais malgré tout retrouver cette chère famille, avec le déluge d’anxiétés et de contrariétés que ça  implique. Et, alors que d’habitude je suis capable de descendre un nombre certain de verres avant de sentir quoi que ce soit, là, en remontant la nef centrale pour aller m’asseoir sur le banc de la première rangée, à côté de ma mère, j’ai soudain ressenti un léger vertige ; j’ai même failli me prendre les pieds dans le chemin de moquette déroulé du portail jusqu’à l’autel. C’est à se demander ce qu’ils ont dans le crâne en mettant ces foutus tapis.

Nous sommes restées à regarder l’horizon, de Mona Hovring, traduit du norvégien par Jean-Baptiste Coursaud. Edition NOTAB/LIA

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