Les locataires de l’été
de Charles Simmons

L’histoire de ce livre est simple en soit, elle raconte les premiers émois amoureux d’un adolescent. Mais ce premier amour sera lié à jamais au décès de son père et à la trahison. Et puis, simple peut-être, mais d’une écriture incroyable.

Mickael passe l’été comme tous les ans dans la maison familiale du cap avec sa mère et son père. Cette année, la maison secondaire est louée à une femme russe et sa fille, Zina, de 20 ans, passionnée par la photographie.

Pages 18-19. Papa et moi demeurâmes un long moment allongés sur le sable, complètement exténués. Les deux chiens venaient nous renifler pour voir si nous étions vivants. Maman me tenait la main. Elle était furieuse contre  papa. Les deux locataires, qui venaient de s’installer dans le pavillon, restèrent auprès de nous. Mrs Mertz était de l’âge de ma mère. Sa fille, Zina, même vue à l’envers, était très belle. Elle avait les cheveux châtains, les yeux marron, le teint mat et les lèvres pourpres. On les aurait dites sculptées. Elle n’arrêtait pas de serrer sa chienne dans ses bras et de la caresser, comme si c’était elle et non pas nous  qui avait manqué y rester. Puis elle me toucha la joue, par simple curiosité, me sembla-t-il. Je tombai aussitôt amoureux de Zina.

Il tombe immédiatement amoureux de Zina, il connaît alors les tourmentes de l’amour pour la première fois. Il se rend compte aussi qu’il n’est pas le seul, son père est lui aussi miné par le désir. 

Il ne sert à rien d’en dire plus, tout ceci on le sait dès le début. Ensuite, on est entraîné avec les personnages dans cet été riche en histoires, désirs, sentiments et actions.

C’est un livre tout en émotions, bouleversant jusqu’à la dernière page, un livre très difficile à quitter. Je dirai même que c’est un chef d’œuvre !

Charles Simmons ne publie qu’un livre tous les 10 ans, et seuls 2 de ses livres sont traduits en français. Nous n’avons pas trop de chance ! J’ai acheté le second, le billet arrivera dans quelques temps. Ne passez pas à côté des locataires de l’été, c’est prodigieux. Enfin, moi, j’ai bien aimé !!!

Claude

Première page

I – Le banc de sable

C’est pendant l’été de 1968 que je tombai amoureux et que mon père se noya.
Une semaine durant, alors que juin tirait à sa fin, un banc de sable se forma à un mille au large. Il n’était pas visible, mais des brisants indiquaient sa présence. Chaque jour, on s’attendait à le voir émerger à marée basse. Jamais pareil banc ne s’était constitué aussi loin en mer et l’on se demandait s’il allait tenir. S’il restait en place, les eaux bordant la plage seraient plus calmes et nous pourrions amener notre bateau, l’Angela, en face de la maison au lieu de le laisser au mouillage dans la baie Johns, de l’autre côté du cap Bone. Question baignade, bien sûr, ce ne serait plus la même chose, et c’en serait fini des parties de ricochets dans le ressac.
Mon père et moi sortions pêcher le maquereau, l’églefin, le bar, la truite de mer. C’était le bar qui bataillait le plus et qui avait la chair la plus délectable.

Les locataires de l’été, de Charles Simmons, traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Éric Chédaille. Editions Libretto.

 

M02859406042-large