Comme je ne connaissais pas Hugo Hamilton et que Comme personne m’avait beaucoup plu, j’ai continué avec  Berlin sous la Baltique.

 

Berlin sous la Baltique
d’Hugo Hamilton

 

J’ai aimé le livre, parce que j’ai bien connu Berlin dans les années 80, à l’époque où l’histoire se déroule. En le lisant, je reconnaissais les lieux, les modes de vie, la culture, ce fut un beau retour dans le passé, teinté d’un peu de nostalgie, car j’aime cette ville.

Helen arrive à Berlin à la recherche de Dieter qu’elle a  connu en Irlande, elle est enceinte, il est le père de l’enfant.
Elle rencontre Hadja et Wolf, elle est manager, lui est musicien. Ils lui proposent le vivre avec eux en attendant de trouver Dieter. Avec eux et Alan, elle va découvrir Berlin, ses nuits, sa misère et son luxe… Sans cesse elle recherche Dieter, même lorsqu’elle vit avec Alan.

C’est un beau livre, il m’a moins impressionné que le précédent, mais j’ai adoré retourner à mes 20 ans.

Claude

Première page
Berlin

Elle vient de courir. Pourquoi ? Mais à présent elle a ralenti ; à bout de souffle, longeant, côté immeuble, le trottoir en mosaïque d’une rue de Berlin. Les trottoirs en mosaïque, c’est étourdissant quand on vient de courir.

Qu’est-ce qui peut faire courir une jeune femme ? En plein jour ? En pleine ville ? Elle s’est arrêtée et elle a regardé autour d’elle pour se repérer. Les immeubles se ressemblent. Les boutiques et les cafés se ressemblent, comme une même affiche reproduite sur des panneaux publicitaires. Rosenheimer Strasse, Eisenacher Strasse, Grunewald Strasse : toutes les rues ont la même consonance. Même Berlin sonne à peu près comme Dublin, ou London ou Boston. Quand on n’a plus de souffle, et les jambes qui flageolent. Quand on vient de courir.

On a l’air d’être en retard. D’avoir oublié quelque chose. D’être à la recherche d’une banque, d’un médecin ou d’un avocat. On a l’air de quelqu’un qui n’a pas de voiture. Qui rêvasse au petit déjeuner. Parle peu. Qui sait qu’il va pleuvoir. On a l’air de s’être fait piéger. D’être tombé sur des ennemis. On croirait qu’on vient de se faire agresser. Qu’on vient de s’enfuir d’Allemagne de l’Est. De sauter le mur de Berlin. On a l’air de quelqu’un qui a goûté à la liberté. Qui a vu une chose qui lui a fait rebrousser chemin. De quelqu’un qui un jour a cru comprendre ce qu’il désirait le plus.

Berlin sous la Baltique, d’Hugo Hamilton, traduit de l’anglais par Marie-Claude Peugeot, aux Editions du Rocher.

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