Un Blanc
de Mika Biermann

Burlesque, cynique, ce livre nous entraîne à bord de l’Astrofant pendant une expédition  scientifique en 1999. L’équipe est  partie explorer l’Antarctique. S’ajoute au côté scientifique, l’envie de faire partir du Pôle Sud un feu d’artifice le 31 décembre à O h.

Tout aurait pu bien se dérouler, si le bateau n’avait pas rencontré un premier iceberg… Page 18.A l’aube du 16 nous nous trouvâmes en face d’un iceberg énorme qui nous barrait le chemin vers le sud. Il nous présentait une pente douce de glace parfaitement lisse, qui culminait dans un sommet couvert de neige. Je décidai d’y accoster. La proue arrondie de L’Astrofant fut engagée sur la rive, juste assez pour caler le bateau, qu’un vigoureux élan en marche arrière devait facilement dégager. Babbage, notre photographe, descendit le premier sur la surface glissante à l’aide d’une corde, et planta des  pitons. La glace était d’une dureté extraordinaire. Je suis avec Hanna Khor et Sir Geck. Au moment où notre sismologue Wobliètchenkov enjambait à son tour le bastingage pour nous rejoindre, un son de bourdon assourdissant se fit entendre et la glace se fendit devant la proue du bateau, la cassure se prolongea droit vers le sommet de l’iceberg, et nous fûmes projetés en l’air. C’est uniquement grâce aux cordes qui nous reliaient au sol que personne ne tomba dans le mer.

J’ai adoré ce livre, il est drôle, un peu fou, et en même temps, il nous tient en haleine, il nous emmène dans un monde de l’extrême, avec un équipage hors du commun !

L’expédition est racontée tour à tour  par certains membres de l’équipage, ce qui donne un joli rythme au livre qui n’en manque pas sans cela.

Claude

Première page

Récit d’Adolfin Smitt, chef de l’expédition

Le départ

Pour mes huit ans, mon parrain me fit cadeau d’une Brooke Bond Tea Card « Aventuriers et Explorateurs ». L’image montrait la silhouette d’un homme au milieu du blizzard s’éloignant d’une tente battue par les bourrasques. La légende disait : « Un vrai gentleman ». C’était le début d’une passion. Désormais mes lectures allaient être Antarctique, tombe blanche de Kadishman et la course des bêtes de Grandcock. Bien sûr, je détestais Amundsen, qui avait mandé dans une lettre déposée au pôle qu’on transmette au roi Haakon la nouvelle de sa victoire, réduisant ainsi le pauvre Scott en simple postier. Bien sûr, j’adorais Oates, le vrai gentleman au visage adolescent, se sacrifiant – en vain – pour ses compagnons, prononçant en quittant la tente la phrase que je me répétais comme une conjuration pendant les heures interminables sur le banc de l’école : « Je vais faire un tour dehors, qui risque de durer un peu. »

Un blanc de Mika Biermann. Editions griffe collection fictions.

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