Mon désir le plus ardent
de Pete Fromm

Ce livre, il ne faut pas trop le dévoiler, ce ne serait  pas correct ! Il faut le découvrir page après page, entrer dans l’histoire des personnages, de leur vision de la vie et de la mort. Vivre avec eux leur force et leur faiblesse. Descendre avec eux la rivière et vivre avec eux à 100 à l’heure.

S’il faut le résumer, je crois que je peux simplement dire que c’est une histoire d’amour fou et de courage entre une femme et un homme que la vie a décidé de ne pas épargner.

Il est difficile croyez-moi de quitter Maddy et Dalt à le fin du livre, tant Pete Fromm a su nous emporter avec lui dans leur vie. C’est superbe sans pathos inutile, et c’est également une magnifique variation sur le désir, de l’autre et de la vie.

Il a écrit un livre sans complexe sur l’amour, empli d’une incroyable tendresse et bienveillance. (Ron Carlson).

Difficile de donner envie de lire un livre sans pouvoir en dire beaucoup, j’espère que la première page vous donnera un aperçu de l’écriture de Pete Fromm et vous donnera envie de le lire. La première page d’un livre, ce n’est pas dévoiler le livre, c’est la page que souvent on lit pour savoir si on est intéressé ou pas. Celle-ci ne reflète toutefois pas forcément la majeure partie du livre, car on y vit à 100 à l’heure !

Claude

Première page

Prologue

Les coups d’œil. Les regards ébahis. Les œillades furtives. Ils plongent Dalt dans une fureur biblique. A deux doigts du châtiment divin. Du calme mon grand, ce n’est pas pour moi. Une vieille chouette en fauteuil roulant, le bras secoué de spasmes ? Ils en ont vu d’autres. Allons, allons. Ce qui fait tourner les têtes, ce qui décroche les mâchoires, c’est Dalt en train de pousser le fauteuil. Dalt, l’inspiration originelle du David de Michel-Ange, maqué avec cette harpie. Evidemment qu’ils nous fixent, évidemment qu’ils se posent des questions. Je m’en pose bien, moi.

Mais si je suis dans un bon jour, que les mots glissent facilement le long de mes synapses en loques, je leur dis :
- Et encore, ça, ce n’est rien. Vous devriez nous voir au lit.

Voilà qui leur en bouche un coin.

Je devrais avoir dépassé ce stade, mais je ne sais comment réagir autrement : défier le destin, faire comme si de rien n’était. Rien qui puisse nous séparer, jamais.

Tous ces inconnus ne voient que les tics, le fauteuil, le pauvre homme en sueur derrière, préposé aux poignées. Mais lorsque ma respiration flanche, qu’il me faut trouver  une chose à laquelle me raccrocher pour me convaincre que nous aurons toujours la force d’avancer, je retourne à mon point d’ancrage : le lendemain de notre  première nuit ensemble. Aujourd’hui encore, quand je me rappelle combien j’étais éblouie, combien j’osais à peine y croire, j’en ai le souffle courts. D’ailleurs, je ne suis toujours pas sûre de le croire, que nous survivrons même à cela. Mais ce matin-là, nous étions tous les deux si forts que le Wyoming n’était plus qu’une toile de fond, et nos pensées ne s’étendaient pas plus loin que la friction des pagaies contre nos paumes, le grondement de la rivière sous nos pieds. Les fauteuils roulants – et les  pauvres types coincés dedans – nous étaient aussi étrangers que des extra-terrestres.

Mon désir le plus ardent de Pete Fromm, traduit de l’américain par Juliane Nivelt. Editions Gallmeister.

 

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