27 janvier 2013

Évasion

ÉvasionAlfred Lichtenstein (1889-1914) Dis donc, de ces piècesImmuables et des rues arides Et de ce soleil rouge des toits,De l’ennui infâme de tous les livresdepuis longtemps usés par le regard,Moi je n’en peux plus. Viens, il nous faut allerBien loin de la ville.Nous nous allongerons surUne prairie moelleuse.Menaçant et impuissants Face au ciel clair mortellement bleu,Absurdement grand,Nous lèverons nos yeux décharnés, blêmes,Nos mains ensorceléesEt gonflées de pleurs.   Der Ausflug Du, ich halte diese festenStuben und die... [Lire la suite]
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17 octobre 2012

Une erreur remédiable

Une erreur remédiablede Giacomo Cerrai traduit de l’italien par Raymond Farina   Si nous avions - imaginais-je –l’espoir secret des enfants :se réveiller un matinavec la seule obligation de vivreavec le courage des pastelsavec l’avenir d’une feuille blancheet des oiseaux aériensrevenir en arrière en interrompantle jeu ou réparerdes blessures même profondes des méchancetésavec de petites blandices.Si nous avions le droit au retourjuste avant la limite de l’innocenceau bord d’une journée imprévoyantele simple geste qui effacela... [Lire la suite]
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26 septembre 2012

Chant

Chantde Silvina Ocampo Ah rien, rien n’est à moi !ni le ton de ma voix, ni mes mains absentes,ni mes bras lointains.J’ai tout reçu. Ah, rien, rien n’est à moi.Je suis comme les reflets d’un lac ténébreuxou l’écho des voix dans le fond d’un puitsbleu après la pluie.J’ai tout reçu,comme l’eau ou le cristalqui se transforme en autre chose :en fumée, en spirale,en édifice, en poisson, en pierre, en rose.Je suis différente de moi, aussi différenteque certaines personnes quand elles ne sont pas seule.Je suis tous les lieux que... [Lire la suite]
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24 août 2012

Phares de Gertrud Kolmar

Et en écoutant cette musique, je lis un recueil de poèmes de Gertrud Kolmar : « Mondes Poèmes » Pharesde Gertrud Kolmar Sur la plage de la mer du nordiqueOù la cruelle tempête noire fouette des nuées     de mouettes poussant des piaillements stridents,Où la vague projetée contre les écueils lézardés vient se briser     dans un tintement de glace verte,S’écraser, s’éclabousser,Le phare se dresse.Dur, sinistre, pesant, muet dans la triste grisaille.Éteint.Sans bouche.Pas un portail,... [Lire la suite]
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16 août 2012

Les lauriers-roses

Les lauriers-rosesColline de Philopàppoude Kiki Dimoula Nous ne sommes jamais venus.La colline t’ignore. Ton pas ne se trouve inscritdans aucune petite montéeet l’on entend même pas dans les douces descentesle rire de ta marche vive.Tu n’es pas inscrit non plusdans le vert des mots d’amoursur les feuilles charnues des cactus.Pleines de noms, petits coups de couteauqui ne vont pas en profondeuret facilement se referment,Elsi-Dimitriset la flèche.Et d’autres noms passésavec un chagrin longue durée.Sur la plupartLe trait d’unionest... [Lire la suite]
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14 août 2012

Extrait

… soyez patient en face de tout ce qui n’est pas résolu dans votre cœur. Essayez d’ aimer vos questions elles-mêmes… Ne cherchez pas… des réponses qui ne peuvent vous être apportées, parce que vous ne saurez pas… les vivre. Et s’il s’agit précisément de tout vivre. Ne vivez pour l’instant que vos questions. Peut-être simplement… finirez-vous par entrer insensiblement, un jour, dans les réponses.Extrait de « lettres à un jeune poète. » Lette n°4, de Rainer Maria Rilke. Traduit par Bernard Grasset et Rainer Biemel.
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14 août 2012

Extrait

… soyez patient en face de tout ce qui n’est pas résolu dans votre cœur. Essayez d’ aimer vos questions elles-mêmes… Ne cherchez pas… des réponses qui ne peuvent vous être apportées, parce que vous ne saurez pas… les vivre. Et s’il s’agit précisément de tout vivre. Ne vivez pour l’instant que vos questions. Peut-être simplement… finirez-vous par entrer insensiblement, un jour, dans les réponses.Extrait de « lettres à un jeune poète. » Lette n°4, de Rainer Maria Rilke. Traduit par Bernard Grasset et Rainer Biemel.
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14 août 2012

Du bonheur

Du bonheurde Silvina Ocampo  Je vivais durant l’été dans un glorieux jardin. Les fontaines brillaient en levantleurs eaux ingénieuses et pâles.C’était l’éternité d’un seul jour comme dans un tableau et rien ne se passait.Fallacieuses, de tendres fleurs se perpétuaient,de grands rayons de soleil illuminaientle ciel, et pour personne la joie. « Ce jour cruel s’achèvera-t-il mon Dieu.Jamais Silvina. Où se trouvent les gens ?Le soir ne tombera-t-il pas sur le fleuve ? La nuit ne tombera pas. » Lentement,un... [Lire la suite]
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11 août 2012

Court Green...

Court Green…extrait de « Froidure » de Kate Moses   Court Green est l’endroit dans le Devon où ont vécu Sylvia Plath  et Ted Hughes. J’ai toujours aimé dans les livres ses descriptions, avec les champs de jonquilles etc. Je vous livre ici un passage du livre Froidure dans lequel la maison est décrite, et quelques photos trouvées sur le net. Voici le lien, je trouve cet article très intéressant pour qui s’intéresse à ces deux grands poètes.... [Lire la suite]
Posté par jeanlau à 10:16 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
02 août 2012

Le monstre de Fabio Scotto

                             Le monstre   Il pleut sur le lac, drôle d'été. Le soir, le ciel se couvre, éclairs et tonnerre s'installent jusqu'à la nuit, un vent furieux happe les vitres et fait claquer les portes. Ce n'est même, plus de la pluie, c'est un orage tourbillonnant qui se déchaîne sur tout avec la violence d'un Destin. Comme ici maintenant, vers Oltrona,sur cette pauvre vieille qui a... [Lire la suite]
Posté par jeanlau à 22:29 - - Commentaires [0] - Permalien [#]