Deux poèmes extraits de :
Le Mendiant de la beauté
d’Attila Jozsef
 

C’est avec Attila Jozsef (entre autre) que je passe mon été poétique cette année… Claude

 

Image dans le miroir

Comment c'est arrivé, je ne sais plus.
Pourtant je l'ai bien vue, une fois,
Je l'ai fixée avec de grands yeux.
C'était il y a longtemps, c'est tout ce que je sais.

Je l'ai vue en feu.
Son visage, sa silhouette dans le miroir de flammes,
S'est gravé dans mes yeux pour l'éternité,
S'est penché dans mon cœur où il étincelait.

C’était il y a longtemps. Je ne sais plus.

Août-sept. 1922

 

a

 

Ombre légère sous la peau

Un lion invisible vit entre des murs sombres,
dans mon cœur, je porte un habit repassé
  lorsque je m'adresse à toi
je ne dois pas penser à toi je dois achever mon
  travail,
tu danses,
je n'ai nul quignon de pain et je vivrai encore
   longtemps,

5 semaines que je n'ai aucune nouvelle de toi
le temps s'est enfui sur des échasses rouge sang
les chemins vont se cacher sous la neige,
je ne sais pas si on peut t'aimer,
des nègres muets jouent aux échecs tes mots
depuis longtemps évanouis.

Janv. 1927

 

b

Le Mendiant de la beauté, d’Attila Jozseph, traduit du hongrois par Francis Combes, Cécile A. Holdban et Georges Kassai.  Éd. Le temps des cerises.

IMG