Je lis beaucoup en ce moment, ça ne se voit pas beaucoup sur mon blog, mais la paresse me rattrape quand il s’agit d’écrire !

Bref, j’ai quand même quelques billets de commencé, il suffit que je les termine…
En tout cas, ce matin, j’étais à boire un thé sur le marché, et je lisais « l’alphabet des femmes » (c’est mon livre de marché), et j’ai beaucoup ri en lisant cette nouvelle :

UNE MOUCHE DANS LES PISSOTIÈRES

Dans des toilettes allemandes, sous-entendu pour hommes, les pissotières étaient si propres qu'elles brillaient, ce qui est normal, mais au mi­lieu de chacune se trouvait une mouche. Votre premier réflexe est de faire un bond en arrière, dégoûté, puis vous vous apercevez que la mouche est dessinée. Avec un réalisme total. Cette mou­che avait au moins deux fonctions : première­ment, par son caractère totalement déplacé, elle devait souligner à quel point les toilettes alleman­des, notamment les pissotières, étaient aseptisées.

Quant à la seconde fonction, je m'y suis pen­ché et j'ai compris qu'elle était d'ordre purement pragmatique. Devant la pissotière, l'homme doit avoir un objet lui permettant de viser. La mouche est une bonne cible, un élément irritant, un objec­tif qu'inconsciemment l'homme veut détruire. Et grâce à ce système dualiste très simple : « cible - destruction de la cible », la probabilité d'un tir distrait en dehors des pissotières est singulière­ment restreinte. Ainsi la mouche est atteinte et les toilettes demeurent propres. Et l'homme est satis­fait.

Tout cela ne peut se produire que dans des toilettes allemandes, où l'on a dessiné une mou­che. Mais... si l'on est dans des toilettes balkani­ques (dans les Balkans, on les appelle WC) ! Primo, il n'y a pas qu'une mouche. Secundo, elles sont vivantes. Tertio, elles ne restent pas en place.

Nous mettons fin ici à cette histoire car les lecteurs un peu délicats ont la nausée, les dames se sentent négligées et les analogies devienne des allégories. Aucune histoire ne saurait désor­mais être innocente.

 

J’adore ce livre, je le lis à petite dose, je le fais durer… À travers ses récits, Guéorgui Gorpodinov nous parle de ses concitoyens, avec dérision, humour et beaucoup d’amour. Il aborde autant le sort des gens que la destinée de son peuple. C’est très beau, je n’ai pas fini de le lire, mais, il y a souvent le marché ici ;o) Et puis, il a une écriture qui se prête très bien à cet exercice.

Claude

 

TABLE

L'alphabet des femmes
Pivoines et myosotis
Christine qui fait des signes de la main
L
La huitième nuit
Premiers pas
Histoire d'une histoire
Histoire avec une gare
L'homme qui avait plusieurs noms
Une mouche dans les pissotières
De la saveur des noms
Les états d'âme d'un cochon le jour de Noël
Le cauchemar d'une dame 
Le troisième
Gaustin
Il ne reste plus âme qui vive
Offrande tardive
La boucle d'oreille bulgare
Les caleçons blancs de l'histoire
Made in the 80's
Dernière histoire sur les années 90    
Vaïcha l'aveugle

  L’alphabet des femmes de Guéorgui Gospodinov, récits traduits du bulgare par Marie Vrinat. Éd. Arléa.

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