Tous les oiseaux du ciel
d’Evie Wyld

Installée sur une île Britannique, où elle a un élevage de moutons, Jake Whyte est australienne.

Elle vit solitaire et secrète, elle ne cherche pas à se rapprocher des autres. On se doute dès le début du livre qu’elle porte un lourd secret. Elle se réveille chaque nuit en hurlant, elle a peur d’être reconnue, et elle porte de terribles cicatrices dans le bas du dos.

Depuis quelques temps, une bête tue ses bêtes.   

Elle croise plusieurs fois un jeune homme, un jour, elle le retrouve transi de froid en train de dormir dans sa grange, elle décide alors de le recueillir. En deuil, il est triste et malheureux. Avec son aide elle va traquer la bête. Au fur et à mesure que les recherches avancent, son passé refait surface. Nous ne découvrons les raisons de son isolement qu’à la fin du livre, l’auteure a pris le parti de remonter le passé de Jake en partant de son passé le plus récent. Je pense que c’est cette façon de faire qui m’a le plus plu dans ce roman. Je n’ai pas beaucoup l’habitude de lire ce genre de roman, et celui-ci je l’ai lu un dimanche pluvieux, du petit-déj au dîner !!!

Claude

Première page

Une autre brebis mutilée et saignée dont les en­trailles encore visqueuses dégageaient des vapeurs de pudding bouilli. Des corbeaux au bec luisant se pavanaient en croassant; quand je brandis mon bâton, ils s'envolèrent et poursuivirent leur obser­vation du haut des arbres en écartant les ailes et en chantant, si l'on peut parler de chanter. Je flan­quai un coup de botte dans la gueule de Dog pour l'empêcher d'emporter un lambeau en souvenir et il marcha sur mes talons tandis que je brouettais la carcasse hors du champ et la déposais dans le han­gar à laine.

Réveillée et sortie avant la lumière du jour ce matin-là, je parlais tout haut, j'expliquais au chien ce que nous avions à faire; les merles s'annonçaient dans les aubépines. J'écoutais ma voix de folle que le vent me renvoyait et me fourrait dans la gorge, avant de mugir dans ma bouche ouverte, comme tous les matins depuis que j'avais emménagé sur l'île. Les arbres frémissaient dans les bosquets, les moutons bêlaient derrière moi... toujours les mêmes arbres, le même vent et les mêmes moutons.

Tous les oiseaux du ciel d’Evie Wyld, traduit de l’anglais (australien) par Mireille Vignol. Éd. Actes Sud.

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