Christine_lavant

Christine Lavant

Christine Thonhauser est autrichienne, née le 4 juillet 1915 d’une mère ravaudeuse et d’un père mineur. Elle est originaire d’une vallée pauvre :

la Vallée du Lavant (d’où son nom d’écrivain).

Dès l’enfance, elle est atteinte de la scrofule, maladie de la misère. Elle est pratiquement aveugle, ne supporte pas la lumière et par la suite, elle souffrira d’infections pulmonaires et de perte auditive. Toute sa vie sa santé physique se dégradera et entraînera des dépressions multiples.

Ces états l’isoleront du monde extérieur, elle ne supporte pas son physique marqué par la maladie, elle arrête très tôt ses études et passe la majeure partie de sa vie cloîtrée. Isolée, elle se forge sa propre culture en peignant des aquarelles, en lisant des traités occultes, des livres mystiques, en écrivant

(des textes mais aussi de nombreux courriers qui seront ses seuls liens avec l’extérieur).

Elle épouse un mauvais peintre, Josef Habernig, de 36 ans son aîné, « par pitié » dira-t-elle plus tard. Elle doit alors faire du tricot pour faire vivre le ménage, et trouve le temps la nuit pour lire et écrire. Elle acquerra une rage d’écrire après avoir lu Zweig, et commencera des lectures publiques qui auront un grand succès.

Nous ne savons que peu de choses sur toute cette période. Ses écrits apparaîtront dans les années 40, en ce qui concerne les manuscrits antérieurs, il semble qu’elle les ait brûlé en 1932 à la suite d’un refus d’éditeur. Ce qui lui vaudra son premier internement.

Elle est plus connue pour sa poésie que pour sa prose.

L’éditeur Viktor Kubczak sera le premier à l’éditer, la conseiller… Il publiera : L’amour inachevé, L’Écuelle du mendiant, Fuseau dans la lune, Le Cri du Paon.

Sa prose à l’inverse rencontrera beaucoup plus de problèmes. Kubczac éditera « Das Kind » en 1948, mais le sort s’acharnera sur la «

La Mal-née

».

En effet, en 1967, lorsqu’il meurt, Kubczac est en possession du manuscrit. En 1970, Christine Lavant essaiera de le récupérer auprès de sa veuve, celle-ci lui remettra en 1971. En 1973 lorsqu’elle meurt, le manuscrit n’a toujours pas été édité. Il ne ressurgira qu’à la fin des années 90, et sera publié en 1998.

Christine Lavant a fini sa vie pauvre et seule dans une mansarde. Elle avait tenté dans les années 60 de se rapprocher des autres en allant vivre en ville, mais ce fut  un échec. Elle était alors rentrée dans son village.

Elle s’est fait interner plusieurs fois entre les années 30 et jusqu’à sa mort qui est survenue le 7 juin 1973 d’une crise cardiaque. Elle a passé sa vie à crier sa solitude, pour finir, elle nous a laissé une œuvre majeure.

Ceci n’est qu’une biographie succincte.

J’ai trouvé sur le site www.espritsnomades.com quelques traductions de sa poésie, j’en poste une ici. La photo est également empruntée à ce site.

le courage, je l'ai fait sortir de l'esclavage,
la peur je l'ai éclairée en la raccompagnant chez elle,
le calme du vent renverse le mur,
je suis libre et déjà je pousse des racines.

Celui qui maintenant vient me demander un toit,
il devra endurer le tremblement des saules.
lui viendrait pour
s'arrêter de trembler, je l'ai fait pour le feuillage,
le toit je l'ai désarmé,
une lumière éternelle brûle au travers du bruissement de
l'infini
sourde je suis dans chaque ramification.

Qui encore viendrait me tenter avec Dieu,
devra endurer la vengeance de Dieu.

(anthologie posthume 1978)

J’ai trouvé sur : http://poezibao.typepad.com/poezibao/2006/11/christine_lavan.html

Un lien permettant d’écouter Christine Lavant lire quelques uns de ses poèmes en allemand, je vous le conseille, voilà le lien :

http://www.lyrikline.org/index.php?id=59&L=2&author=cl02&cHash=cc4995b4f7

C’est très beau.

Livres disponibles en français :

Les Étoiles de la Faim, choix et traduction par Christine et Nils Gascuel, Orphée :

La Différence

, 1993
Das Kind/L’Enfant, traduit de l’allemand François Mathieu et Léo Scheer/Lignes, 2006.

La Mal-née

, traduit de l’allemand par François Mathieu/Ligne, 2007.

Claude