En rentrant ce soir (pouh je n’ai pas de courage en ce moment !!), j’ai choisi de relire « Lourdes, lentes » d’André Hardellet, c’est un livre génial, qui a été au centre d’une polémique quelques années après sa sortie, mais tout ceci est une autre histoire et je reviendrai dessus lorsque je ferai le billet.

L’écriture d’André Hardellet, ne mâche pas ses mots, et cela n’empêche pas la poésie. Il n’y a pas de fausse pudeur, de minauderie, et ça fait du bien !!

Formidable !

Claude

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Labrunie
d’André Hardellet

Rappelle à mon amour les ombres du lilas
Quand nos jeudis volaient le meilleur des semaines.
Depuis qu’ils sont partis la belle que voilà
De ses lauriers coupés à jonché les fontaines.

Nageuse, orvet doré qui s'efface en soleil,
Reviens de ton oubli! Je cherche le sillage
De ta forme en allée aux étangs du sommeil,
Pur loisir mon refuge où tremble le mirage.

La torpeur a gagné les domaines du frais,
Midi clôt la chanson des dernières laveuses,
L'heure est tout souvenir et tu réapparais
Au miroir étoilé des images heureuses.

Ton aspect peut changer, ou ton nom, ou ta voix
Sans que rien soit perdu dans l'accord qui nous lie :
Tu redeviens toujours la même qu'autrefois
- Et celle qui nouait la rose à l'ancolie.


Dans les bois de Loisy la fougère est profonde,
Une sente y conduit au bord de l'autre temps...
Sans un mot Adrienne a délaissé la ronde
Mais sa sueur la remplace et m'entraîne en chantant.

Chimère dont j'ai vu le multiple visage
Combleras-tu jamais tous mes désirs trompés?
Je ne sais, mais j'attends - et se fane l'image
Des belles du Valois sur les lauriers coupés.



Extrait de « La Cité Montgol » d’André Hardellet, Poésie Gallimard.