Panaït Istradi

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Panaït Istradi est né le 10 août 1884 à Braïla, en Roumanie. Fils d’un épicier contrebandier et d’une blanchisseuse, il a neuf mois à la mort de son père. Sa mère part chez son frère, où Panaït Istradi fera le dur apprentissage de la misère. Lorsqu’il a 7 ans, sa mère décide de rentrer à Braïla, et reprend son métier. Jusqu’à ses 12 ans, il va à l’école, bon élève, il se découvre une passion pour la lecture. À partir de ses 12 ans, il fera un grand nombre de petits boulots.

En 1910, il devient secrétaire du Syndicat des dockers de Braïla et organisateur de la grande grève de 1910, avec Jeanette Maltus, une militante socialiste et sa future première femme. Il se marie, et divorce une année plus tard.
S’ensuivront petits boulots, voyages. Il est de santé délicate (tuberculeux), il séjournera régulièrement dans des sanotoriums. C’est lors d’un de ces séjours (en 1916) qu’il apprend le français avec un dictionnaire, un ami (Josué Jehouda) l’aidera à se perfectionner. Rapidement, il a été capable de l’écrire suffisamment bien pour en faire sa « langue littéraire ». Pendant touts ces années, il vit dans une grande misère. En 1919, il découvre l’œuvre de Romain Rolland qu’il «dévore » en quatre mois. Mais, c’est aussi l’année où il apprend le décès de sa mère. Ce sera pour lui l’effondrement total.

En 1921, il tente de se suicider. Dans sa poche, se trouve une lettre qu’il avait écrite en 1919 à Romain Rolland, mais qu’il n’avait jamais envoyé. Les policiers qui le sauve, l’envoie à son destinataire. Ce dernier lui répond et l’encourage : « J’attends l’œuvre ! Réalisez l’œuvre, plus essentielle que vous, plus durable que vous, dont vous êtes la gousse. »

En 1923, Romain Rolland préface son 1er récit : Kira Kyralina.

En 1924, il se marie avec Anna Munsch.

En 1927, il prend la parole au meeting contre l’exécution de Sacco et Vanzetti. En 1927 et 1929, il voyage en Union Soviétique. Il mesure alors la différence entre l’accueil réservé aux visiteurs et la réalité stalinienne. Il écrit alors : «Vers l’autre flamme, confession pour vaincus».

En 1930, une campagne de presse de la gauche française l’accuse de haute trahison (entre autres H. Barbusse, J.R. Bloch). Il se brouille avec Romain Rolland et pendant quelques années, ils ne s’écrivent plus. Malade et déprimée, il rentre en Roumanie, mais revient en France, à Nice, pour faire soigner sa tuberculose puis il repart à Bucarest. Il y meurt dans un sanatorium en 1935. Il meurt dénigré par les communistes qui le traitent de «fasciste» et par les fascistes qui le traite de «cosmopolite».

C’est un écrivain merveilleux, je suis loin de connaître toute son œuvre, mais j’ai dévoré ce que j’ai lu de lui. J’ai lu sur internet une phrase qui résume très bien l’homme : «Des hommes comme Istrati semblent des comètes tombées d’un autre monde et perdues dans le notre qui est trop petit, trop mesquin, trop dépourvu de tout ce qui pourrait donner un prix à la vie, pour eux.» (je suis désolée j’ai oublié de noter le lien, si je le retrouve je le mettrai dans ce billet)

Claude