Difficile de trouver un livre après avoir lu Panaït Istradi !!! Il m’arrive de ne rien pouvoir lire pendant quelque temps après la lecture d’un livre d’une telle sensibilité. Je suis restée « sans livre » après avoir lu et relu (en fait !!) « La Ravine » d’Essenine qui est pour moi le plus beau livre lu depuis bien longtemps. Alors après, « Nerrantsoula » je me suis un peu retrouvée dans la même situation. Heureusement, Emmanuel Bove était là !! et le choix fut pertinent !

La mort de Dinah
d’Emmanuel Bove

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Jean Michelez est un homme qui a réussi. Entrepreneur de son état, marié, deux enfants, une belle maison, des grosses économies à la banque… que demander mieux en cette année 1920 !! Un matin, il sort de sa belle maison et contemple à travers elle, sa réussite, son parcours.

Un soir pourtant, une femme, sa voisine, vient lui demander de l’aide. Sa fille Dinah est gravement malade, et doit être impérativement soignée en Suisse, malheureusement elle n’a personne pour financer ce voyage. Il ne dit ni oui, ni non, pour ne pas avoir à répondre, il lui dit qu’il faut mieux attendre voir l’évolution de la maladie. Mais, au fond, il se demande bien pourquoi il aiderait cette étrangère ? Lui, personne ne l’a jamais aidé, si ce n’est son père, alors pourquoi ne va-t-elle pas demander à sa propre famille ?
Toutefois, pour avoir bonne conscience, il décide de faire connaissance avec cette jeune fille de 13 ans, et là, la vie lui réserve une belle surprise car il s’attachera à cette enfant et à sa mère.

Jusqu’où la peur de se faire posséder par les autres, jusqu’où sa radinerie iront-elles ?

J’ai beaucoup aimé ce petit roman dans lequel on voit cet homme s’humaniser après l’avoir vu au fil de sa vie construire un mur autour de lui, s’enfermer dans une grande solitude, devenir égoïste…
C’est un livre touchant, pudique, émouvant, et tellement vrai aujourd’hui encore.

Première page

Par une belle fin d’après-midi d’automne, Jean Michelez, qui était descendu du tramway à la porte de Champerret, suivait à pied en flânant, le long du boulevard Bineau, à Neuilly, à l’extrémité duquel se dressait la villa La vie là qu’il habitait avec sa femme et ses deux enfants. C’était un des derniers beaux jours de l’année. Un vent tiède soulevait la poussière de la chaussée. Tout gardait encore les traces de l’été. Les arbres n’avaient point perdu leurs feuilles, ces feuilles poussiéreuses de fin de saison que les orages  n’ont mouillées qu’à demi. Dans les jardins, des tentes claires abritaient les meubles rustiques. Les appels, les voix, les conversations, étaient sonores.

La mort de Dinah d’Emmanuel Bove. Éditions le serpent à plumes, coll. motifs.

Claude