L’annonce
de Marie-Hélène Lafon


Annette proche de la quarantaine, Paul proche de la cinquantaine, sont seuls. Paul passe une annonce. Annette répond. Elle veut tirer un trait sur cette vie ratée avec son ex mari, et laisser sa chance à leur fils. Lui, ne veut pas finir sa vie seul entouré de ses oncles et de sa sœur.

Nous suivrons ces deux personnes pendant les deux premières années de leur existence communes, l’acceptation des autres, des habitudes. Nous passons de leur vie présente commune, à leurs vies passées.

Ce livre est bien écrit, il se lit très vite. Difficile de passer après « cette vie », donc, il est évident qu’il pâtit de cette lecture.

Toutefois, je voudrai souligner que sur la quatrième de couverture, il est dit que c’est une histoire d’amour. Je ne le trouve pas du tout, ça parle de tout sauf d’amour, il y a certainement de la tendresse, mais il y a aussi la peur de la solitude, c’est un livre qui fait réfléchir, car il met en exergue le fait que certains sont prêts à sacrifier beaucoup pour ne pas être seul.

L’annonce de Marie-Hélène Lafon, éd. Buchet/Chastel.

Première page

Annette regardait la nuit. Elle compre­nait que, avant de venir vivre à Fridières, elle ne l'avait pas connue. La nuit de Fri­dières ne tombait pas, elle montait à l'as­saut, elle prenait les maisons les bêtes et les gens, elle suintait de partout à la fois, s'in­sinuait, noyait d'encre les contours des choses, des corps, avalait les arbres, les pierres, effaçait les chemins, gommait, broyait. Les phares des voitures et le réverbère de la commune la trouaient à peine, l'effleuraient seulement, en vain. Elle était grasse de pré­sences aveugles qui se signalaient par force craquements, crissements, feulements, la nuit avait des mains et un souffle, elle fai­sait battre le volet disjoint et la porte mal fermée, elle avait un regard sans fond qui vous prenait dans son étau par les fenêtres, et ne nous lâchait pas, vous les humains réfugiés blottis dans les pièces éclairées des maisons dérisoires.

Claude

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