Germania
d’Harald Gilbers

Je vous présente aujourd’hui un formidable polar.

En France, en ce début de mois de mai 1944, les alliés sont sur le point de percer le front allemand par la mer.

À Berlin, les anglais pilonnent la ville, la répression auprès des juifs se poursuit.
Voilà, où nous en sommes de la seconde guerre mondiale d’un point de vue général.

À Berlin, des femmes sont assassinées, torturées et laissées devant des monuments aux morts de la première guerre mondiale. La maîtresses d’un des « pontes » nazie est l’une d’elles. L’enquête doit aboutir rapidement, aussi le SS-Hauptsturmführer Vogler fait appel à Richard Oppenheimer. Ancien commissaire renommé, il est interdit d’exercice en raison de son origine juive. Marié à une aryenne, il est en « sursis ». C’est lui que nous suivons dans cette histoire. Il n’a pas le choix, s’il refuse, il ne sait pas ce qui lui arrivera, aussi accepte-t-il. Il est inquiet, il se demande ce qui lui arrivera lorsque l’enquête sera résolue, d’autant plus que les indices mènent à un assassin appartenant jà l’élite nazie. Je ne vous en dirai pas plus sur l’intrigue, à vous de voir…

Au-delà de l’enquête, il y a la vie des Berlinois, et des juifs en particuliers. J’ai trouvé fascinant de lire leur histoire quotidienne. Bien sûr me direz-vous, nous la connaissons tous. Oui, mais il ne faut jamais oublier et puis il y a un peu plus dans ce livre.
J’ai beaucoup aimé les liens d’amitiés, la musique qu’écoute Oppenheimer lorsqu’il peut s’évader, de découvrir les statuts spéciaux des juifs mariés avec des aryens, la façon dont sont racontés les bombardements de la ville, l’avant et l’après Berlin, etc.

En commençant le livre, j’ai tout de suite senti que l’auteur s’est énormément documenté, et ça rend le tout encore plus passionnant.
Pour ma part, les meurtres n’avaient pas besoin d’être aussi horribles, car ils font passer Jack l’éventreur pour de la pacotille !!!
J’ai hâte que le second livre sorte en poche ou qu’il soit libre à ma médiathèque.
Claude

Première page

PROLOGUE

Début de l'été 1939

La lumière indiquait dix heures du matin. Dans la capitale du Reich allemand, les rues encaissées brillaient d'une blancheur éblouissante. Mais rien ne bougeait, la ville semblait pétrifiée, comme gelée dans un hiver éternel.

Cela prendrait encore un peu de temps avant que le tumulte du quotidien ne s'infiltre jusque dans ses moindres recoins. Pour l'instant, les avenues désertes offraient une symétrie harmonieuse. Aucune voiture n'encombrait les chaussées, personne ne flânait sur les trottoirs. Cette impression d'ordre et de clarté était seulement perturbée par les bulles de colle séchée qui, malgré la méticulosité des architectes, avaient légèrement coulé au pied des barres d'immeubles.

Le grand axe central menait tout droit vers une gigantesque coupole que l'on apercevrait, dans un futur lointain, à des kilomètres à la ronde. La coupole, aujourd'hui d'une blancheur immaculée, prendrait un jour la teinte vert-de-gris du cuivre patiné. A l'intérieur de cette Grande Halle du peuple, qui pourrait accueillir gent quatre-vingt mille personnes, on fêterait avec une magnificence inégalée les grandes victoires de demain.

Germania d’Harald Gilbers, traduit de l’allemand par Joël Falcoz. Éd. 10/18, grands détectives.

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